#anthologie #11 | De nuit

Je n’aime pas conduire la nuit J’en parlais encore au diner Avant de partir Les phares d’un camion rouge s’approchent de plus en plus pour coller au pare-brise Décélérer Deux phares blancs dans le rétroviseur gauche injonction à rester sur ma ligne à m’approcher des phares rouges Jusqu’à ne plus avoir de vitesse À se dégonfler. La sortie n’est plus Continuer la lecture#anthologie #11 | De nuit

#anthologie #11 | De là à là

C’était peuplé c’est à présent désert Comme si la nuit laissait une place Comme si la nuit remplaçait un public par un autre plus mince plus bruyant plus exigeant plus fantomatique plus imprévisible aussi dans les recoins non éclairés d’une rue masquée La journée grouille d’habitués qui courent et de touristes qui flânent Les coins sombres sont des coins denses Continuer la lecture#anthologie #11 | De là à là

#anthologie #10 | méthode

J’ai voulu me renseigner sur sa date de naissance et puis j’ai laissé tomber – non mais j’ai trouvé, j’aurais pu en faire la numérologie, en chercher l’ascendant, en déterminer la position des étoiles galaxies maisons et autres joyeusetés cosmogoniques ou logiques ou quelque chose de ce genre – sous quelle étoile, sous quel signe sous quels auspices ? – il Continuer la lecture#anthologie #10 | méthode

#anthologie #10 | E.

Il a cinquante-deux ans. Il est directeur financier. Il travaille beaucoup. Il aime quand c’est droit et sans erreur. Il a dix-neuf ans. Il grimpe vite les échelons de la finance. La banque est ce qu’il connaît depuis la fin de ses études. Il a trente-cinq ans. Son divorce est une transaction. Il ne cille pas quand il signe la Continuer la lecture#anthologie #10 | E.

#anthologie #10 | le cahier rose

Elle a 78 ans. Son mari vient de mourir. Le lendemain de l’enterrement, elle ouvre grand toutes les fenêtres et laisse respirer la maison aux quatre vents toute la journée. Le soir, elle sort sur le balcon, porte-fenêtre ouverte, s’assoit et allume une cigarette. Cela faisait vingt ans qu’elle n’avait pas fumé. L’église sonne 21 heures. L’été est doux. Au Continuer la lecture#anthologie #10 | le cahier rose

#anthologie #11 | la nuit qui vient

Elle a quinze ans L’installation familiale à Paris est un échec Elle rentre seule en Algérie Elle est triste de laisser sa mère ses frères sa soeur Le retour jusqu’à Marseille est long très long pour une jeune fille triste Toutes les gares sont desservies et dans les grandes villes les arrêts durent immensément longtemps Dans le wagon de troisième Continuer la lecture#anthologie #11 | la nuit qui vient

#anthologie #05 Epuisette

La mère porte son corps devant elle. Elle le pousse. Ses hanches déboitent et elle les colle. Puis le soir elle rentre dans son corps et elle mange les poulpes qui nichent dans ses intestins. Elle poursuit ses tracées, en marchant plus lentement maintenant.   Je la regarde dans la mobilité de son ombre. Nos conversations sont plus rares. Elle Continuer la lecture#anthologie #05 Epuisette

#anthologie #10 | La vie dans les bois.

il a vingt ans, un an comme instituteur et il démissionne il est contre les châtiments corporels. Il a vingt il commémore l’émancipation des esclaves aux Antilles et déjà à dix-huit ans, il prononce un discours contre l’esprit commercial des temps modernes et son influence néfaste pour les nations.Pourquoi Thoreau? À vingt ans, J’ai aussi un an comme maitresse à Continuer la lecture#anthologie #10 | La vie dans les bois.

#anthologie #09 | candidature

Ce jour là, j’ai décidé de ne pas faire ce qu’il attendait de moi, son aîné, je devais obéir et -par dessus tout- réussir au delà de ce que lui n’avait pu atteindre, qu’importe si je n’en avais pas les capacités, car quand on veut on peut… mais d’où venait cette maximum stupide qu’il me répétait lorsqu’il avait quelques instants Continuer la lecture#anthologie #09 | candidature