# anthologie 03 Tarkos # Le galet

Le galet Le galet. Je l’ai trouvé au bord de la rivière. Parmi tant de galets amassés par le courant. Un galet blanc. D’un blanc lumineux. Le galet était rayonnant, il me faisait signe. C’est pourtant un galet tout simple. Blanc, oui, je l’ai déjà dit. Les autres galets étaient gris. Ou beiges. Ou ocres. S’il avait été noir, je Continuer la lecture# anthologie 03 Tarkos # Le galet

#anthologie #05 | Grumeaux

Grumeaux, je me disperse, je m’étale, c’est une trainée de moi derrière moi. Je dis, je me livre, délivre-moi. On me lie, je m’encorde, ça se tient. En un sens, ça fait du bien. Tout serré, se rencogner, tête de pioche. Je dis, je me tais, déterre-moi. On me dénude, je prends froid, j’exténue. Je frotte et ça brille pas. Continuer la lecture#anthologie #05 | Grumeaux

#anthologie #05 | Lister

Ce ne sera pas une fiction – la réalité est une fiction qui a réussi dit-on au PEROU – il s’agira de tramer le plus possible les divers documents possédés – il y a par exemple dans le Mon sang retombera sur vous (Seuil points 1915, ai mars 2008) mention des cinq testaments rédigés alors et qui restent (à ce Continuer la lecture#anthologie #05 | Lister

#anthologie #05 | celui qui n’en peut plus

Ce n’est pas que je ne veux pas mais je ne veux pas. Mais vraiment épuisé. Mais vraiment angoissé. Vraiment trop vieux pour tout ça, tu comprends. Non tu ne comprends pas, tu ne peux pas te mettre à ma place. Tu n’es pas là. Je peine, je n’arrive pas à vivre, à retrouver sérénité. Trop vieux, trop mal en Continuer la lecture#anthologie #05 | celui qui n’en peut plus

#anthologie #04 | dire « habiter »

Il y a cet endroit qu’on habite maintenant, ce lieu familier, intime qui nous accueille dans notre entièreté, où l’on réside, où l’on vit, et tous ces autres par lesquels on est passé, qui nous ont vu grandir, nous transformer, être, vieillir. Qui peut dire où nous habiterons demain ? On habite un endroit où l’on demeure, ça veut dire Continuer la lecture#anthologie #04 | dire « habiter »

#anthologie #05 l Flou flou flou

‘J’vais au corps il dit : il pousse sa matière devant lui qui roule et n’amasse du vent, masse les intestins, et,, mort qui vive, hourra sur le baudet, va que j’ te rjoins, tout ça un souffle ! Bide avant, fibres arrière, des ailes pour les mouches : paré à percuter. Bien sûr tri au flanc, passage d âme, Continuer la lecture#anthologie #05 l Flou flou flou

#anthologie #04 l Habiter Istanbul

1 Habiter Chanzy. Mon frère est mort. Ma mère attend qu’on vienne chercher l’enfant mort à ses côtés sur le grand lit. Elle attend. Mon père est parti appeler. Elle est seule avec l’enfant mort. Je suis née après. Je suis née dans le sillage de la vie courte qu’il a vécue. Personne ne l’a jamais oublié. J’ai grandi avec Continuer la lecture#anthologie #04 l Habiter Istanbul

#anthologie #03 l Le chargeur

J’ai vu le chargeur pendu à la prise de la cuisine sans rien au bout. Ça me dérange un chargeur sans fin, comme une impasse, un cul de sac. Une chose bancale, incomplète, qui occupe une place convoitée, accessible où je n’ai pas à allonger le bras derrière une armoire pour chercher à tâtons les trous d’une prise. C’est un Continuer la lecture#anthologie #03 l Le chargeur

#anthologie #05 l Ô FABRICIUS

Je suis de ceux qui trouvent le monde trop éclairé. Pas de projecteurs sur moi, jamais. Comme le cloporte, j’aimerais vivre sous les pierres. Bon sang, le grand jour, pour mieux montrer mes manques, quelle idée. Fermez les claustras, mesdemoiselles, les brise-soleil si vous préférez. Claustra dérive du latin claustrum, fermeture d’une porte, verrou, claustra revellere Cicéron, barrière, tui versus invito te claustra sua refregerunt Pline, Continuer la lecture#anthologie #05 l Ô FABRICIUS