#anthologie #05 | Enlisée?

Boulevard d’alsace-lorraine, non boulevard d’alsace et tu as perdu le numéro. Idiote-bête que tu es. Tu aurais du le noter. Tu perds le numéro et tu rajoutes un nom, rien que ça. Rue du soufflier, 91 ou 96 ? il y en a un qui n’existait pas, mais lequel ? lequel était ta maison ? tu hésites. Evidement, ça non plus tu ne Continuer la lecture#anthologie #05 | Enlisée?

#anthologie #04 | bouche

La première chambre dont je me souvienne possède, juste sous son plafond, une bouche d’aération, reliée à la chaudière installée au sous-sol pour nous chauffer l’hiver. Elle ressemble à une gueule. La nuit la gueule se réveille et je dois habiter près d’elle. Quand je me couche, elle fait semblant de rien. Elle attend le flottement. La zone où le Continuer la lecture#anthologie #04 | bouche

#anthologie #04 | se moquer d’habiter

1Habiter le pays de mer tout d’abord pour commencer la vie, la maison construite pas loin de la côte par le père courageux soucieux d’abriter sa famille, enfants en train de naître, maison souvent décrite probablement détruite d’ici quelques mois au départ de la mère, elle aussi très vieille désormais, maison qui va rester dans mon souvenir avec jardin bien Continuer la lecture#anthologie #04 | se moquer d’habiter

#anthologie #05 | Une femme d’immensité

Aux aguets. Du dehors et du dedans. Toujours. Ici, dans le bus. Là, dans la foule des grandes avenues. Mes bras, que d’autres disent démesurés, ne sont rien d’autres, lorsque je les étends, que ma zone de protection: il est interdit de dépasser cette limite. Ma tête s’insinue à l’intérieur des têtes de ceux que je côtoie, dans leur anonymat. Continuer la lecture#anthologie #05 | Une femme d’immensité

#anthologie #02 | le salon marron

La cheminée du salon marron entre les pans de murs orangés. Le linteau plein en bois sombre reposant sur de fines colonnes torsadées. Le foyer couvert de tommettes brillantes. Les chenets posés parallèles sur les briques mates du foyer. Les franges du grand tapis marocain protégées par la grille coupe-feu en paravent. Les deux gros fauteuils bruns encadrant. Lui serait Continuer la lecture#anthologie #02 | le salon marron

#anthologie #04 | collecte

1 à même le sol dans le rêve 2 drôle d’endroit pour une rencontre 3 habiter page 151 des Matinaux 4 le jardin, entre cosmos et salades 5 dans un trou de souris pour ne plus être vue par les drones qui transportent bombes et caméras 6 habiter la cabane du charbonnier, telle que reconnue le jour de sa reconstitution Continuer la lecture#anthologie #04 | collecte

#anthologie #5 | vers soi

Il se tient à l’écart de lui-même. Lui-même ne se souvient pas de sa naissance. Si près de sa mort, n’est plus sûr non plus d’être l’ancien vivant. Si longtemps loin de lui, sa parole hors de lui, les mots perdus, inaudibles. Des années. Si longtemps, loin de lui. Je t’ai suivi longtemps. Tu courais dans la vie et je Continuer la lecture#anthologie #5 | vers soi

#anthologie #04 | Sereiner

  1. Une tête d’humain sur le bord de la route. J’ai du  lire le passage, mais je ne m’en souviens pas. Je sais que Denton l’a vu, enfant, en se baladant sur une île près de Shangaï, donc on va dire à peu près dans les années 20. Une tête, une île, et un enfant.
  2. L’île atlantique, un titre, un auteur, un livre. Pas lu. Pas encore. Attendre encore. Un peu.
  3. Naitre sur un continent tout en étant fille d’ilienne, au moins pour moitié. Combien d’inconnues ? cela fait-il de l’enfant une ilienne au quart ? et qu’est ce que les trois quarts restants ?
  4. Grandir avec un œil et demi, perdre petit à petit le demi qu’il manque à la fin. Le récupérer par moments, rares. Pas complètement, jamais.
  5. Percer et voir. Même dans le noir. Surtout dans le noir du demi qui manque. Jusqu’au trois quarts. Et accepter de ne jamais pouvoir mettre la main sûre « la quantité négligeable » de l’équation qui l’inclut et l’exclut en même temps, en un même compte, en un même mouvement. Là. Sereiner.

#anthologie #05 | Je m’agite

Je n’ose pas. J’ose pourtant dans ma tête, quand je souris et dis bonjour j’ose en permanence, j’ose fort les aventures que je féconde, mais là, à croire que les autres osent trop, je n’ose plus. Ils arrivent fiers et bruyants, sans doute sont-ils comme moi à faire semblant, sans doute, mais ils ont l’air contents et bruyants. Moi ? À Continuer la lecture#anthologie #05 | Je m’agite

#anthologie #05 | La femme.

La femme qui portait son corps devant elle. Elle marchait, elle courait, elle cherchait à l’attraper sans jamais l’atteindre. Cours corps où vas-tu ne veux tu pas vivre ressentir toucher le fond battre le coeur. Cours corps arrête toi viens n’aie pas peur pas mauvaise graine du vide te recevoir te donner vie, envie j’ai. Cours corps naissance extraire écarter Continuer la lecture#anthologie #05 | La femme.