#anthologie #02 | Caméra interne

La pièce à l’étage aurait encore sa fonction. Il n’y aurait pas eu le panneau À vendre sur la façade où frappe le soleil, pas eu l’abrutissement du vide. La parole tournoierait encore dans la pénombre, dans le feutré, plutôt que cette rumination boucle et reboucle dans la gélatine de la boîte crânienne. Il y aurait une pensée caméra portée, Continuer la lecture#anthologie #02 | Caméra interne

#anthologie #02 | dans la boîte

Il avancerait déclenchant à intervalles réguliers l’allumage automatique des plafonniers. Lumière crue, inhospitalière. À l’extrémité du long couloir segmenté de double-portes coupe-feu rabattues contre le mur, un pot imposant, en plastique mauve. (Personne ne le voit jamais, noyé dans l’uniformité de l’habitude le silence l’écho des pas les paroles distraites les rires étouffés les cris les grumeaux de pensées la Continuer la lecture#anthologie #02 | dans la boîte

#anthologie #02 | Cuisine

La table de bois clair plaquée contre le radiateur au fond de la cuisine. Une jeune fille vêtue d’un pull bleu pâle serait assise là, face au mur blanc. De dos. Sa présence animerait d’un reflet la vitre de la porte-fenêtre placée à sa perpendiculaire. Dans le prolongement, l’angle saillant du plan de travail, adouci par un réseau de lianes Continuer la lecture#anthologie #02 | Cuisine

#anthologie #02 | La chambre des rêves

Porte fermée beige au-dessus de laquelle une photo d’une veille dame qui sourit avec son prénom et son nom est collée. Ouverture de la porte, improbable couloir tellement il est court, le regard est attiré tout de suite sur la droite, vers une porte coulissante en bois marron foncé qui ouvre sur une salle de bain. Vaste douche équipée d’un Continuer la lecture#anthologie #02 | La chambre des rêves

#anthologie #01 | L’infinitif relatif

Ouvrir la porte, dire bonjour à des gens que je ne connais pas, fermer la porte, m’asseoir devant des gens que je ne connais pas, écouter les gens qui ne me connaissent pas parler de moi comme s’ils me connaissaient déjà, répondre aux questions des gens qui ne me connaissent pas, écouter sans pouvoir rien changer à l’opinion que ces Continuer la lecture#anthologie #01 | L’infinitif relatif

#anthologie #prologue | Choses dues

Le devoir de naître garçon, le devoir de ne pas tomber malade, le devoir d’obéir, de boire du lait, le devoir d’embrasser, sourire, dire bonjour, de ne pas pleurer, écouter, attendre que les heures passent au tic-tac de la pendule, attendre que quelqu’un se réveille, que la porte s’ouvre, le devoir d’accepter ce que l’on donne, le devoir de dire Continuer la lecture#anthologie #prologue | Choses dues

#anthologie #01 c’est là que je me mets ?

L’Usine. Oublier l’Entrée Visiteurs, au bout de l’avenue débouchant sur les parkings et le poste de sécurité. Choisir le chemin piéton plus proche de la sortie du RER. Passer un portillon. Une chaîne pend au grillage. Le chemin zigzague au milieu de préfabriqués abandonnés. Ce n’est pas encore l’Usine. Avant, on devait trouver par là des activités périphériques à la Continuer la lecture#anthologie #01 c’est là que je me mets ?

#antologie #02 | Et votre cuisine ?

Je vous aurais croisé sur un site de rencontre de cuisiniers amateurs. Après les politesses d’usage, vous m’auriez demandé :   — Quelle est votre spécialité, celle que vous réussissez le mieux, celle qui vous distingue ?    — La blanquette de veau, aurais-je répondu, sans réfléchir que cela ne faisait pas trop « nouvelle cuisine ». Pas le genre de réponse attendue par une Continuer la lecture#antologie #02 | Et votre cuisine ?

#anthologie #02 | Atelier

A droite de la porte blanche découpée en son centre par une verrière opaque, six jeunes adultes en noir et blanc, figés depuis de nombreuses années, cheveux hirsutes et arborant une arrogance concentrée pour la circonstance, seraient punaisés sur le mur. Ils côtoieraient les fab four à moustache et costumes colorés qui auraient le privilège d’être encadrés juste à leur Continuer la lecture#anthologie #02 | Atelier

#anthologie #02 | Des roses et du jasmin

On ne peut pas se tromper. Sur la porte, avant d’entrer, juste à hauteur du judas, collée sur le bois peint en blanc, une photo d’elle, souriante, et en dessous écrit à la main sur un carton blanc, son prénom. La porte a une serrure mais qui ne sert jamais. Sauf il y a quatre ans, on a enfermé des Continuer la lecture#anthologie #02 | Des roses et du jasmin