#enfances #00 | des pertes comme prologue

Les saisons arrivent, les saisons s’en vont, les saisons reviennent, elles reviennent à peu près semblables les unes les autres d’une année à la suivante.  Cette régularité du temps, ce rythme sur quoi s’appuie le travail de la terre, des champs, l’enfant l’apprend par corps, par coeur, par sensations. On peut il le sait humer dans l’air l’arrivée de l’automne, Continuer la lecture#enfances #00 | des pertes comme prologue

# enfances #00 | quelque part

Égarée,  à côté . Absorbée par un au-delà sans contour. Ensevelie sous des couches d’ouate. Perdue entre les lignes des livres où se tenir. Traversant une géologie et une cartographie à moi seule destinées. Errant dans les strates d’un monde qui n’appartenaient qu’à moi, dont je ne parlais pas. Et je ne parlais presque pas. Je venais d’une famille de taiseux. Continuer la lecture# enfances #00 | quelque part

#enfances #00 | Nénuphar

Elle demande à tenir la laisse. La tante lui glisse la poignée autour de la main. Le petit chien la tire brusquement. Elle marche derrière lui, le laissant aller ou le retenant, criant Nénuphar. Le chien jappe, s’arrête, repart, renifle, passe et repasse entre ses jambes. Elle tient le petit chien de la tante par la laisse comme si c’était Continuer la lecture#enfances #00 | Nénuphar

#enfances #00 | Gibier

La case en bois de la grand-mère est sombre même en plein midi coincée entre la grande maison en béton du frère ainé d’un côté, séparée par un mince couloir en ciment, et de l’autre un terrain vague qui donne sur la rue dont elle se protège en fermant portes et fenêtres. Les murs sont couverts de carapaces de tortues Continuer la lecture#enfances #00 | Gibier

#enfances #00 (2) | Meaulnes

Tu m’embrasses. Une seconde m’échappe. Et tu n’es plus là. Flotte encore ton parfum. À peine quelques notes de tête. Respirations rassurantes des bruits connus : la porte entrebâillée grince. Grince aussi la marche de l’escalier de bois. Puis plus rien. Le silence.Je suis allongée dans les draps bordés de froid. Ne reste que l’empreinte chaude de tes lèvres sur Continuer la lecture#enfances #00 (2) | Meaulnes

#enfances #00 | pierre blanche

Du portail, tout droit à une centaine de pas dans le calme et sous le ciel excessifs, sur le bord de l’allée, on devine quelques mots gravés sur la tranche pas de prénoms, pas de dates comme il y en a souvent pour attester la véracité du souvenir. Il y a longtemps c’était une pierre horizontale ou une dalle de Continuer la lecture#enfances #00 | pierre blanche

#enfances #00 | Meaulnes

J’ai lâché ta main. J’ai percuté un corps. La foule ne s’est pas arrêtée. J’ai bien essayé de l’éviter, mon pied a trébuché. Je n’ai pas pu l’éviter. La foule m’a percuté. J’ai lâché ta main. Où es-tu ? Voilà ce qu’il aurait fallu que je me dise. J’ai trébuché et la foule m’a fait lâcher le petit avion rouge avec Continuer la lecture#enfances #00 | Meaulnes

#enfances #00 | le manège

Sur la place, le métro, le manège, il la tient par la main, une main ferme, celle d’un père qui rassure. Le plateau du manège s’immobilise il la hisse, frêle silhouette sur le grand cheval de bois peint. Lui glisse dans la main des tickets qu’elle tient de ses doigts serrés. Ses yeux le remercient fièrement. Lentement ça se met Continuer la lecture#enfances #00 | le manège

#enfances #00 |Des mots pour se perdre

Se perdre dans les méandres des mots reçus, savoir au fond de soi que ces mots ne mèneront nulle part, que tel n’est pas le chemin qui permet de trouver une issue. Et pourtant vouloir les croire. Des mots qui perdent. Chercher, regarder partout, le cœur battant, espérer un phare pour se repérer. Se recroqueviller, c’est dans la tête qu’on Continuer la lecture#enfances #00 |Des mots pour se perdre