dans cette nuit peut-être

… les flocons bleus du gyrophare sur les murs les éclats jaunes des phares lorsqu’ils croisent, la chaleur asphyxiante sous la couverture serrée, les sangles qui écrasent le ventre compriment la poitrine emprisonnent-serpent les chevilles les poignets, le ronron du moteur à l’arrêt (clin d’œil vertical des feux ?), le crescendo pour repartir, les petits paliers paisibles et indifférents des changements Continuer la lecturedans cette nuit peut-être

#L1 ARRIVÉS

Il arrive, n’importe où, peu importe, mais il arrive, elle aussi est arrivée. D’une certaine manière c’est le bout du voyage. Voyage : « déplacement d’une personne qui se rend en un lieu assez éloigné. ». Est-ce vraiment le bon mot ? Qu’est-ce que cela veut dire « assez éloigné » ? Eux ils savent surtout de quoi ils s’éloignent. Continuer la lecture#L1 ARRIVÉS

#L1 | Au terme de rien

Arriver, sans parvenir jamais. Des années que cela y ressemble tant le lieu enferme et se tient à distance, échappe aux efforts à comprendre. Ce n’est pas un lieu sans lieu, pas une utopie. Une destination certes, à condition d’avoir une tête à itinéraires. Un rêve d’ailleurs, sans doute, à condition d’avoir la tête dans les nuages. Mais arriver là Continuer la lecture#L1 | Au terme de rien

La fugue

Eau-source silencieuse creusant, à l’abri de l’air et des hommes, sa réserve dans l’antre humide de la terre. Sous les champs, elle suinte de la terre argileuse, son grand imperméable dans laquelle le temps cherche à l’envelopper. Bousculant dans un mouvement doux, infime, de minuscules grains de sable, elle ouvre, dans une nuit de silence, une fente, une fissure, l’ouverture, Continuer la lectureLa fugue

prologue | message de service !

complètement par terre à toutes et tous vous lire ! impressionnant : en 10 jours à peine, plus de 130 textes, et pas un pour ne pas donner une facette, une forme, une tonalité… alors que je n’avais envisagé ce prologue que comme manière douce de créer chacune et chacun sa page auteur, et maîtriser une première publication… alors maintenant, Continuer la lectureprologue | message de service !

L’eau du vieux puits

Elle semble tranquille lorsque je la regarde- l’eau au fond du vieux puits – stagne. Elle sert à l’arrosage des plantes vivaces et des roses assoiffées. Les murs moussus qui l’entourent abritent des fougères et des scolopendres. Des touffes de capillaires des murailles s’y nichent. Ecrin vert. L’eau du puits semble dormante, presque inoffensive. Fraîche, elle offre sa surface sombre et Continuer la lectureL’eau du vieux puits

Au dedans de l’eau

Le quai s’éloigne et l’eau grandit dans l’écho de la corne de brume. Mer sombre et verte. Apparaissent des couleurs, et puis un bras, nu. Un buste. Une tâche noire comme une encre de Chine autour du visage blême. L’œil ouvert. Sirène tue quelques pas dessous le quai bruissant. Au dedans de l’eau. La mer luit, la lumière s’y promène Continuer la lectureAu dedans de l’eau

Sur ce qui s’irise

Sur ce qui s’irise La ductilité de sa peau le rythme de l’eau toute la couleur de ses yeux sans image Comment suivre le trop qui tangue le tambour là-bas son ventre comme une frise Vivre au balancement des courants sans visage des courants profonds des légers tremblements Dire les éboulis ce qui se trame sous Entendre les ronds d’eau Continuer la lectureSur ce qui s’irise

#L1 | Le presque rien

L’auberge. Un vieux mot. L’auberge. L’auberge dans la ville-rue. Quelques voitures stationnées. De la poussière sur les capots. L’auberge est-elle ouverte ? Elle est garée. Les muscles des jambes se refroidissent. Elle déboucle la ceinture de sécurité. Un cliquetis sec. Elle ouvre la porte aux joints chauds, usés, collants, qui résiste un peu à la poussée. Aucune voiture ne passe. Le Continuer la lecture#L1 | Le presque rien

Votre destination se trouve sur votre droite

Depuis des centaines de kilomètres, il roule dans un paysage uniforme : une route rectiligne et de part et d’autre, la forêt opaque dans son infinie rectitude sibérienne. Il regarde devant lui, concentré sur sa conduite sans vouloir regarder sur les bas côtés. Trop glauque. « Votre destination se trouve sur votre droite ». Il s’arrête à l’endroit précis  indiqué par la voix Continuer la lectureVotre destination se trouve sur votre droite