#L8 | Rien, le rivage

Rien n’indique qu’il s’agit d’une île et pourtant l’air épais ne claque ni n’étreint, pénètre les peaux sans plaisir, sans permission, enserre le moindre poumon, le moindre tympan, appelle la mer et les voilà qui s’étreignent, sassent et ressassent en boucle le même sel, le même ciel, les mêmes plaintes, les mêmes nuages à chaque fois de retour chargés des Continuer la lecture#L8 | Rien, le rivage

#L7 Connaître la solitude lumineuse

Connaitre la solitude lumineuse Connaître la furie et la tristesse Détacher un bout de monde et le mettre dans des mots Peupler sa mémoire d’un bout de monde Il n’y aurait pas d’histoire ou presque, rien à raconter ou presque ; étirer des temps ou les personnages : Luis Etel et les Autres (3) sont dans certains lieux. La sédimentation des temps. Continuer la lecture#L7 Connaître la solitude lumineuse

#L3, la femme qui pleure, le chien, la boulangère

Ça n’en finit plus, ça n’en finit jamais et ça recommence. Pourquoi ça recommence ? Pourquoi, je sais pas, je comprends jamais rien. Je vois bien que ça l’agace que je renifle mais ça coule tout seul, c’est pas de ma faute ça coule tout seul, après tout c’est dans l’ambiance, temps de merde, buée sur les lunettes buée sur Continuer la lecture#L3, la femme qui pleure, le chien, la boulangère

#L8/ Voix de la prose

Surtout ne pas traîner maintenant si près du but et puis cet air mauvais, vicié qui suit et pousse depuis le port, faut monter, monter et revenir, revenir enfin dans cette maison, ce qu’il en reste, ce qu’ils en ont fait, à l’époque on l’appelait la Demeure, toujours aussi sale cette ville et toute cette crasse humaine qui traîne et Continuer la lecture#L8/ Voix de la prose

#L6 | Seul

Il enlève ses vêtements, les suspend à une branche. Il approche du filet d’eau qui clapote sur les pierres moussues, y dépose un pied puis l’autre. Il se penche, place ses mains en coupelle, les plongent dans le ruisseau puis les portent à son visage. Il observe le mouvement de l’eau qui fait onduler les cailloux et les branches lourdes Continuer la lecture#L6 | Seul

L5 Mensonges et montagnes russes

Elle ne sait pas ce qui lui arrive, d’habitude elle est forte, courageuse, intouchable, le choc était trop dur, trop soudain, elle n’a pas réussi à se protéger, elle a plongé en plein dans le malheur, pas de panneau stop attention ralentir se méfier, elle est ivre de chagrin, marionnette, elle marche, de travers, mais elle marche, le mouvement lui Continuer la lectureL5 Mensonges et montagnes russes

# P7 Les guetteurs

Ils entendent un bruit. Ils n’éprouvent jamais de peur.Ils pensent à l’animal. Ils pensent à l’animal sauvage. Un animal mi – dragon mi cheval. Le silence maintenant  s’épaissit. Le brouillard se dissipe. L’attente monte atteint tout le corps. Ils se trouvent aux endroits stratégique. Ils veulent voir l’animal, c’est tout. Le lieu est un terrain d’attente. Le lieu est un Continuer la lecture# P7 Les guetteurs

#L6 | Seul.e.s

La porte s’est refermée en un claquement sévère et définitif. Excuse-moi.. ‘ferme mal, s’excuse t-il à travers, la voix étouffée par l’épaisseur du bois. Elle reste interdite quelques instants, puis fait quelques pas en arrière pour atteindre du regard l’une des fenêtres au premier étage, celle où dormira l’enfant ce soir. Elle n’y trouve pas de silhouette agitant la main, Continuer la lecture#L6 | Seul.e.s

#L8 | Les ténèbres sont partout

« Les ténèbres sont partout. Chaque soir je m’installe sur le balcon à la nuit tombée. J’observe les lumières s’éteindre une à une dans les salons, dans les cuisines, dans les chambres, dans les villes alentour – lumières du port, lampadaires sur les containers, lampadaires sur les allées et les entrepôts, lumières dans les bureaux de la capitainerie, néons des cuisines Continuer la lecture#L8 | Les ténèbres sont partout

#L6, seule la folie

J’ai vécu la guerre sans père et la vie sans mère. Je n’étais pas véritablement orpheline mais quand j’étais toute petite, je ne savais pas que mon père était parti à la guerre, réquisitionné au service de la guerre. Non! je croyais qu’il était parti tout court. D’où me venait cette sensation ? Ma mère se sentait très seule. Elle était Continuer la lecture#L6, seule la folie