#recto-verso #06 | Beau métis

Cette nuit j’ai rêvé que je marchais et que je me cognais à quelqu’un et que ce quelqu’un c’était moi qui, par le choc, éclatait. J’ai sursauté, j’étais mort.Serait-ce le signe de mon licenciement ? Viré. Un rêve prémonitoire ? Nanar a déclaré que la boutique était déficitaire. On l’aurait deviné : pas un chat dans les rayons ou seulement quelques curieux qui Continuer la lecture#recto-verso #06 | Beau métis

#rectoverso #05 | Rien n’a vraiment changé

Je cours au-devant de ma mère. Mes sœurs sont un peu en arrière. Toujours complices toutes les deux. Moi la cadette, moi la spontanée, je les agace. Ma joie les agace. L’école a deux portes bleues, l’une au-dessus de laquelle on peut lire « filles » et l’autre où l’on peut lire « garçons ». L’école élémentaire Saint-Lambert, lieu de rires, lieu de jeu Continuer la lecture#rectoverso #05 | Rien n’a vraiment changé

#recto-verso # 06 | à la demande

J’écris à la demande. C’est venu du bouche- à -oreille. Quelqu’un qui ne trouvait pas les mots a eu besoin d’un coup de main. Il n’avait pas de travail, il y avait urgence. Et malgré les bons conseils des pôles de l’accompagnement professionnel, rien. Rien pour assurer sinon l’avenir du moins un présent provisoire. Il voulait écrire au maire pour Continuer la lecture#recto-verso # 06 | à la demande

#rectoverso #05 | rue Louise de Kéroual

La maison est carrée comme toutes celles du lotissement de la rue Louise de Kéroual. Le jardin est bordé d’une haie de troènes. Ça sent le pipi de chat ! se moquent les gamins en passant. Pipi de chat vous-même ! murmure Emma. Elle tourne en rond dans ce pavillon de banlieue ordinaire, dans cette famille ordinaire, dans cette vie Continuer la lecture#rectoverso #05 | rue Louise de Kéroual

#RECTO-VERSO #05 | Jour de collecte.

                              RECTO. Dédé, mais tout le monde le connaissait il habitait au numéro 2Bis premier étage, la quarantaine et quatre enfants il était grand dégingandé ses bras s’agitaient en parlant en allumant sa cigarette on ne le voyait jamais assis, il faut dire qu’il ne s’était jamais économisé et à l’instant il était à l’arrière du camion se tenant aux Continuer la lecture#RECTO-VERSO #05 | Jour de collecte.

#rectoverso #06 | Quand on est blanchisseuse à Chinon…

Quand on est blanchisseuse à Chinon, on a pas le temps de s’amuser ni de rêvasser. Ici c’est pas comme à la campagne où on lessive qu’une fois par mois ou par saison. À la ville, ils ont pris la manie de la propreté. Ces dames les bourgeoises, elles parlent d’hygiène à tout bout de champ. Mais il n’y a Continuer la lecture#rectoverso #06 | Quand on est blanchisseuse à Chinon…

#rectoverso #06 | Rien à dire

En tout premier quand je me lève, je tartine. Une demi-baguette, du beurre et de la confiture. Ensuite, je me fais un café bien serré. J’allume la radio et je mange en silence. Puis je prépare le plateau pour ma femme et doucement, je vais la réveiller avec son p’tit déj. C’est comme ça tous les jours depuis des lustres. Continuer la lecture#rectoverso #06 | Rien à dire

#rectoverso #04 | l’odeur du savon

Il marche depuis une heure dans cette ville fuie. Trente ans d’absence. Il ne veut pas voir, ça s’impose : impacts sur les murs, portes rafistolées, sourires trop propres sur les affiches. Rien n’est clair ici. Tout est trop ou trop peu. Trop de religion, pas assez de service public. Trop de mémoire, pas assez d’histoire. Il en veut à ce Continuer la lecture#rectoverso #04 | l’odeur du savon

#rectoverso #06 | Gaëlle Obiégly, le personnage & ses morts

Ce matin, je sors de chez moi et je ferme la porte avec la clef de la maison que je met dans ma poche pour ne pas la perdre. Je marche vers l’arrêt de bus sur le trottoir. Il y a le gros bac de fleur devant moi. Je le contourne et je longe le muret avec le grillage jusqu’à Continuer la lecture#rectoverso #06 | Gaëlle Obiégly, le personnage & ses morts

#rectoverso #04 | Marianne Alphant | Verso | Quel cadeau !

Les derniers rayons du soleil couchant filtrent à travers les rideaux de lin. L’odeur persistante du dîner flotte encore dans l’air, un mélange de rôti et d’épices du dîner. — Cette année, elle a fait fort ta mère. Elle veut toujours offrir le meilleur cadeau, dit-il en lui tendant les assiettes sales qu’elle place dans le lave-vaisselle. Debout entre la cuisine Continuer la lecture#rectoverso #04 | Marianne Alphant | Verso | Quel cadeau !