#photofictions #07 | en sourdine

Ce qui frappe d’abord ce sont ses lèvres pleines, désirables et pourtant appelées, on n’y pense même pas alors, à se flétrir, à pâlir, à s’amincir, peu à peu s’effacer comme les souvenirs, sa chevelure abondante, indomptable, brillante appelée à se raréfier et se ternir, que sa main tente de discipliner en pure perte, je la saisissais alors avec ma Continuer la lecture#photofictions #07 | en sourdine

#photofictions #07 | les deux mioches

J’ai mon nouvel appareil six-six. Un Rolleiflex. Je l’ai acheté boulevard des Filles-du-Calvaire. Cher. Il y a un mois aujourd’hui. Juste avant les vacances. J’ai revendu mon vieil appareil à film trente-cinq millimètres. J’aime beaucoup le format carré. Je ne l’ai pas encore bien en main. Ici j’ai pris quelques vues de la colline et de la chapelle. J’ai aussi Continuer la lecture#photofictions #07 | les deux mioches

#photofictions #07 | Tu as pris la première photo

C’est toi qui as proposé je crois. Pas souvent que nous, tous les trois sur une photo. Un peu compliqué à cette époque de l’argentique et des retardateurs automatiques sans trépied. Toi derrière le viseur. Elle, entre nous deux, avec dans ses bras, l’enfant. Tous les quatre debout devant l’étang, la lisière en arrière-plan. C’est l’automne, l’enfant a le visage Continuer la lecture#photofictions #07 | Tu as pris la première photo

#photofictions #06 | sur mer

L’estacade lancée sur le mer deux silhouettes iInclinées l’une sur l’autre dans le contre-jour face au large l’horizon sépare le ciel blanc lavé de bleu de l’eau pâle. gros édredon gris affalé sur la mer reflets mobiles remous remuants horizon biaisé. Lignes de fuite : muret talus d’herbes garde-corps rangées de vitres de la vieille bâtisse bouffée par les embruns Continuer la lecture#photofictions #06 | sur mer

#photofictions #06 | un jour

un jour entre chien et loup les étudiants du cours de Francesco C. nous suivent à leur tour le long de descentes et montées tantôt verdoyantes tantôt caillouteuses pouvant déjà laisser deviner des lumières éparses dans un lointain maquillé de bleu de mauve et d’orangé s’organisant en dessous en nappes circulaires ou oblongues telles des géométries foncées incertaines semble-t-il bordées de Continuer la lecture#photofictions #06 | un jour

#photofictions #07 | quatorze juillet

Entends-tu la fanfare militaire qui cadence le pas des soldats en défilé ? Sens-tu l’évaporation de la fierté nationale envahir l’atmosphère ? Vois-tu les regards dirigés vers la ligne de front ?  Quatorze juillet, culture de la fierté nationale. Une musique pour amidonner les tripes, une chorégraphie primaire sur un rythme binaire. Une-deux-une-deux. Garde-à-vous, les poils se redressent et se Continuer la lecture#photofictions #07 | quatorze juillet

#photofictions #06 | L’homme au pantalon

Homme. La quarantaine citadine. Homme tronc mais mouvant. Homme avançant vers moi. Cadré sur la taille, entre le bas du torse et le haut des cuisses (on ne voit pas le visage). La chemise, le pantalon, la ceinture qui enserre, sa boucle métallique (imaginer le cliquetis lorsqu’elle se défait). La main peut-être. Elle tient une sacoche ou elle se balance le Continuer la lecture#photofictions #06 | L’homme au pantalon

#photofictions #07 | Histoire de grandes femmes

La fiction, c’est quand on invente parce qu’on n’y était pas. J’aime bien inventer le scénario.il y a du prémonitoire dans les photos, elles ne sont pas que les traces d’instants passés, elles parlent du futur quand bien même on ne sait pas le lire. Deux femmes de l’agence Magnum sur le plateau de tournage (ils sont neuf en tout Continuer la lecture#photofictions #07 | Histoire de grandes femmes

#photofictions #06 | Tambacounda, fictif pris-passé

il est déjà en train de chercher les passagers pour le prochain trajet furète je voudrais être sûr de récupérer mon sac mais son regard vers le banc du tangana où on attend un départ il est gris de voyage titube non rétablit juste son équilibre en fait le rapide n’est pas encore arrêté regarde déjà les voyageurs comme si Continuer la lecture#photofictions #06 | Tambacounda, fictif pris-passé

#photofictions #07 | en actes

cette espèce de chance qui peut se nommer le hasard ce serait d’entendre pour bande son Laurie Anderson qui coule en boucle son O superman (on peut l’entendre ici) – j’ai toujours cru qu’ils étaient sur la véranda, eux deux et elles, leurs deux jumelles, assises sur la balustrade qui marque l’entrée de la maison mais non – je suis Continuer la lecture#photofictions #07 | en actes