#rectoverso #05 | Pierres d’angle

Le chemin, parce que c’est encore un chemin à peine dégrossi, descend dans le sens nord-sud. Les enfants jouent en dévalant la pente dans une carriole en bois aux roues articulées. Dans le sens est-ouest, juste après le carrefour, un panier de basket fixé sur le mur en pisé de la grange compte les points que les enfants s’amusent à Continuer la lecture#rectoverso #05 | Pierres d’angle

#rectoverso #05 | Carrefour du Dauphiné

L’enseigne bleue de l’Aldi marque l’entrée dans un périmètre urbanisé d’abord en pointillés, par des pavillons déjà un peu anciens avec leurs haies bien taillées, au milieu desquels surgit un cabinet vétérinaire, cube de béton qui semble plus vaste que la petite grande surface qu’on vient de dépasser. Les trois femmes dans la voiture s’esclaffent en moquant la taille du lieu, qui convient pardi bien aux bovins blancs qu’on a vus dans les prés… Continuer la lecture#rectoverso #05 | Carrefour du Dauphiné

#rectoverso #05 | 9, rue de l’église

recto | 9, rue de l’église 9, rue de l’église. Elles sont deux à l’habiter. Une mère et sa fille, trois fois veuves et huit fois mères à elles deux, l’une arrière-grand-mère déjà, l’autre grand-mère. Maison de crépi blanc. Une porte-fenêtre à quatre vantaux voilés par des rideaux blancs que la main âgée de la fille vient soulever furtivement. Pour Continuer la lecture#rectoverso #05 | 9, rue de l’église

#rectoverso #05 | 45 ans et des poussières

Je manque ici d’instantané. J’aurais voulu écrire avec quelque chose de moins personnel. J’aurais voulu éviter d’ouvrir le paquet de mélancolie qui menace cet exercice, qui l’éloigne tant du travail de Joy Sorman. Je renonce. La maison est encore là, rôde. Des avants et des après la rythment sur quarante-cinq ans, on en trouve des morceaux un peu partout ici Continuer la lecture#rectoverso #05 | 45 ans et des poussières

#rectoverso #05 | Un parent aurait pu vivre ici

Recto Je baisse mes vitres dans l’espace d’un doute. Sur le bord de la route en train de déposer son sac-poubelle, Alexandre. Canne, l’œil bleu céleste, quatre-vingt-dix ans. La pente est raide. Je m’engage, rétrograde en première vitesse. Virage à gauche, un air frais traverse l’habitacle. Un gros matou noir pique un sprint pour se perdre vers les roseaux devant Continuer la lecture#rectoverso #05 | Un parent aurait pu vivre ici

#rectoverso #05 | Une porte rouge

On disait la porte rouge ; cette porte qui était rose à l’acquisition de la maison; un rose poudré qui passerait à l’éclat d’un rouge de Chine: changer la couleur c’est une façon comme une autre de dire bonjour ; une porte avec des moulures à l’ancienne et une petite fenêtre de verre granité mobile encagée derrière des enluminures de Continuer la lecture#rectoverso #05 | Une porte rouge

#recto verso #05 | une amitié

Des heures : on se dit tout hein, en gardant des secrets : un peu, Oui, forcé. Ne faire qu’un seul corps en restant deux. Échanger. Partager. Je combats ma paresse pour être à ta hauteur : livres de géologie, atlas – au début je me force – , j’apprends la morphologie des baleines; nous partageons mon goût pour la Continuer la lecture#recto verso #05 | une amitié

#rectoverso #05 | les sacs d’urine

Est-ce que c’est la bonne adresse ? la question entière vu l’autour, la dégradation, l’inhabitable supposée. Les yeux septiques observent. Les quatre premiers étages sont murés. Autour l’immeuble, à ses pieds, des matelas, des meubles, des poubelles, jetées par les fenêtres. Un tas d’ordure, monceau, montagne, déchetterie improvisée comme jeté des étages, comme débarrassage, comme déménagement express non pris en charge Continuer la lecture#rectoverso #05 | les sacs d’urine

#rectoverso #05 | CP à CM2

Les bâtiments sont immenses bien sûr. En bas à droite, si on se situe dos à la rue en haut de la cour, il y a le CP. Il est près du préau immense et des toilettes avec le savon jaune roulé autour du porte-savon. Le premier souvenir est dans la classe d’après, de l’autre côté du préau. Un CE1 Continuer la lecture#rectoverso #05 | CP à CM2

#rectoverso #05 | Enfants voici les bœufs qui passent *

RECTO Je suis un enfant. J’ai dix ans, peut-être, puisque je fréquente encore l’école du village. C’est l’été. Le jour filtre sous le volet de ma chambre. Le bruit des bidons qui s’entrechoquent sous l’auvent de la ferme me sort de mes rêves, je saute dans mon short. La traite est finie ! Vite, vite ! La porte de la grange-étable est Continuer la lecture#rectoverso #05 | Enfants voici les bœufs qui passent *