#techniques #02 (2) | Silencio

Couloir. Portes. Plateaux. Les couloirs comme des rues : les portes énorme bayant sur la vastitude des studios. L’escadre en bleu de chauffe : sept heures. Camions, charriots, tours. Matin chargé de visses, de clous, de pigments, de plâtre. Châssis qu’on roule pour assemblage : une feuille à l’endroit une chambre à l’envers, ou l’inverse. Fenêtre avec rideaux de brocart Continuer la lecture#techniques #02 (2) | Silencio

#atelier|paysage, image phrase|Nuit

Le béton anthracite des buildings. La lumière partout, les bandeaux publicitaires aux néons bariolés déroulant la verticale et allongeant l’horizontale, les vitrines, phares aveuglants, inondant le trottoir, les couleurs criardes, tantôt clignotantes souvent paralysantes, crues et impudiques, si omniprésentes que la nuit oublie d’en afficher ses étoiles, renie l’espoir d’une aube, s’éternise. Le boulevard est insomniaque. La foule sans fin couche Continuer la lecture#atelier|paysage, image phrase|Nuit

#techniques #02 | la chambre petite

Verte et rêche, la couverture militaire qui recouvre à peine le lit, est trouée par endroits, mitée et brûlée par les cendres d’un cigare toscan — le marbre blanc de la haute commode garde les traces des colles, des peintures, des vernis dont les boites et les pots sont alignés là, contre le mur au papier peint jauni, avec parfois Continuer la lecture#techniques #02 | la chambre petite

#techniques #01 | Le sentiment de l’été qui approche

Le sentiment de l’été qui approche, l’attente du vert profond, du soleil cru, peau rétractée sous la chaleur, crépitant, le sentiment des peupliers le long des routes, des branches secouées par le vent Continuer la lecture#techniques #01 | Le sentiment de l’été qui approche

Le sentiment (2)

Le sentiment d’un silence, non pas celui d’un silence mais du silence, celui que l’on pourrait dire éternel, ce silence si entier que l’on pense ne l’avoir jamais entendu avant, le sentiment peut-être même d’être atteint de surdité puisque rien ne vient rayer cette densité, rien ne vient évoquer un monde qui continue sa course, rien pour rappeler à l’ordre Continuer la lectureLe sentiment (2)

#technique #02 | Olivier le patron du bar peint des marines à l’aube

Venelles. Longues fleurs : roses girafes. L’amer entre ciel et port, sa flèche noire-blanche-douce-amère en dentelle de pierre : hier. L’éclair d’une jetée (enfances) avec la grande lessive de septembre remontant la dune. L’immensité portée en seau. Un repas de sable et de coquillages? Dans les oyats l’immortelle safran. Le pin décharné. À dos de bicyclette l’océan ; le ciel rose. Continuer la lecture#technique #02 | Olivier le patron du bar peint des marines à l’aube

#techniques #01| le sentiment de la faim

Le sentiment de la faim, le sentiment du sucre, de la noisette, le sentiment du cru, de ce qui croque, qui croustille et qui craque, le sentiment de la morsure, de la mâchoire qui broie, des glandes salivaires, de la crue, c’est que l’objet n’est pas pensé, pas présent, c’est qu’il est goûté, c’est qu’il est remémoré, c’est qu’il est Continuer la lecture#techniques #01| le sentiment de la faim

###techniques # 02 La nasse

L’arrondi d’un ventre fécond, un filet plein qu’on remonte. Une bourse chargée fermée par un clocher ressemblant à un phare et l’abrupt des rochers contre lesquels la mer bat. Au fond l’imprenable muraille du château délaissé. Très haut, les forts veillent, épient et surveillent les pentes couvertes d’épines et l’étendue marine. Des militaires à l’exercice remplacent les pêcheurs aux belles Continuer la lecture###techniques # 02 La nasse

#techniques #02 Pluies

Des antennes paraboliques — tout un troupeau — sales, couvrant les façades jaunasses. Elles tendent l’oreille, cherchent une raison d’espérer, d’avoir encore des projets, et le ciel ocre annonçait la fin de l’humanité. S’effritaient les immeubles orgueilleux. Partout le monde se brisait. Des hurlements, désagréables, et je voudrais ne jamais les avoir entendus. Toute la ville cabossée en résonnait. Il Continuer la lecture#techniques #02 Pluies

#techniques #02 | Sur zone

Les constellations ont chu — mais ce n’est que la nuit qui tombe tôt. Alors les zones s’allument. Une constellation s’est étalée là. Ou ramassée. Le ciel est tout par terre. Au-dessus : un œuf. C’est le brouillard. On ne sait pas comment on est arrivé là. Plus d’où. Et pourquoi une constellation ? Continuer la lecture#techniques #02 | Sur zone