#L4 Eblouithèque Sylvie Serpette

De Brussolo : Le syndrome du scaphandrier : l’onirique, des mondes dilatés, enfantés par un rêveur éveillé halluciné. Distension des matières, l’eau, le rêve, poursuites haletantes, temps qui court étiré accéléré.  Le sommeil et ses fabriques 

De Char : Fureur et mystère : fulgurance, ellipse, urgence, essentiel, phrases qui frappent, assomption, énergie, envol, et debout

De James : Le motif dans le tapis, Les papiers d’Aspern, Le tigre dans la jungle : caché coucou / je le sais je ne te dirai pas / il y en a un qui savait / oui /mais il n’est plus / c’était sous leurs yeux trop tard / En fait tout cela faisait sens/ et puis non /et puis ? Secret qui ne cesse / de ne pas passer / de main en main.

De Maruya Saiichi : L’ombre des arbres [sur les murs] : Poésie de cette image /qui innerve la rencontre /entre un poète vieillissant / ayant rejoué cette vision dans toute son œuvre / et une lectrice plus âgée encore qui la lui renvoie. Sa mère ? témoin de ces mots, les premiers qu’il ait prononcés ? Ou sa Mort ? le faisant retourner au berceau de sa parole ?     

De Woolf : Mort de la phalène, Dans le verger, Kew garden : Une extralucide vision vertigineuse de ce qui se passe dans l’infini petit, suffocant de précision de fourmillement de vie secrète dans de micro-univers. Qui me rappelle un auteur de sf ayant, dans je ne sais plus quelle nouvelle, fait surgir une double réalité : infinie tranquillité d’une fin de jour : on sort sur la terrasse, on respire la paix, tandis que dans l’herbe des insectes en armure se déchirent dans un carnage d’enfer.

De Bioy Casarès : L’invention de Morel : Fugitif arrivé sur une île et comme un mur de verre les sépare de la pièce de théâtre jouée et sans fin rejouée sous ses yeux. Dans un décor à l’Antique des personnages chics désinvoltes, amoureux pour certains, évoluent qui le traversent qu’il ne peut rejoindre.    

De Duras : Le Ravissement de Lol. V Stein : du lancinant, traînant, obsessives rengaines, obsessives migraines, languide piano noir, Seyrig et sa respiration suspendue, vastes pièces, scènes augurales, où sidération, ombre et lumière trop pour des personnages perdus à eux-mêmes, mus s’ignorant. Il y a de l’halluciné dans cette façon de conduire sa vie cette tranquillité de surface/ l’essentiel est effacé. Vraiment ? Univers éminemment scénique, sensuel envoûtement

De Faulkner : Le bruit et la fureur.  L’idiot : sa langue brouet de sensations, son corps, ses gestes qui ne se placent pas bien dans l’espace, ou bien l’occupent tout entier. Ses plaintes, ses hurlements incessants, plaies à vif, accompagnent la narration chaotique, comme une ponctuation par un chœur déchaîné. Fascinantes scènes accolées, aux liens entre elles brouillés. Sens en creux, apporté par ceux qui parlent, autour. Hargne qui fait penser aux Hauts du Hurlevent.

De Christopher Nolan : Memento (film) : déconstruction du temps en séquences qui se déroulent à rebours. La fin est le début dans une juxtaposition infernale de découpes insensées. Au fur et à mesure, l’histoire bouge, le sens tremble, se fissure et s’écroule, son plancher offre un gouffre d’incertitude. Se profile qu’il y a eu forfaiture à l’origine. Remonter jusqu’où ça a fourché, si ça a. Vertige de ce temps à l’envers dont le mécanisme projette toujours en avant.

De Beckett : En attendant Godot : poids du vide, paroles dans le désert, continuer, en parallèles solitudes.

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