#L1 | La course

Il est à bout de souffle. Le mouvement des jambes se décompose, elles manquent de céder, les pieds frottent le sol. Il court au ralenti, quelques pas, les pas lents et lourds de celui qui a trop couru, trop longtemps. Il s’arrête. Son corps s’immobilise enfin, se ploie en avant. Il pose ses mains sur ses cuisses, incline la tête vers le sol, son œil est fou. La sueur ruisselle sur son visage, goutte de son nez. Il porte une main au col de son t-shirt et le remonte sur son visage pour l’éponger. Il ferme enfin les yeux, ouvre la bouche et respire profondément. Le corps peine à retrouver son calme, le cœur cogne dans tout son corps. Ses poumons le brûlent, il grimace. Il est arrivé, on dirait. La petite maison jaune est devant lui, il imagine que c’est elle. Que c’est là. Il respire à plein l’odeur forte de la nature humide et chaude, les exhalaisons des pins qui l’entourent. Il regarde tout autour de lui, fait de sa main une visière pour se protéger les yeux des rais d’un soleil radical qui s’écrase au sol, observe ce paysage qu’il ne connait pas, qu’il découvre. On entend le bruit confus de la ville en contrebas, ici c’est déjà la forêt. Une forêt parsemée de clairières comme celle-là. Devant lui une sente herbeuse mène à la cabane. ll se frotte la figure à deux mains comme pour se sortir d’un rêve.

6 commentaires à propos de “#L1 | La course”

  1. A bout de souffle. On sent bien cette course par le corps qui ne parvient plus à réguler la respiration. Contraste intriguant entre cette énergie folle et le calme du paysage, juste « là »…

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  5. A bout de souffle – on visualise tout à fait, le regard est fixé sur ce corps… et au bout du souffle, la maison, la forêt, les clairières, un peu plus de recul encore et l’on entend au loin le bruit sourd de la ville – véritable impression d’un champ qui s’élargit, sans pour autant perdre de vue l’essentiel, le personnage. Que fait-il là ? pourquoi cette course à en perdre haleine ? on a envie de savoir…

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