Une rencontre avec un livre. La libreria sulla collina di Alba Donati. Un livre magique qui raconte un lieu magique qui existe vraiment. Une librairie toute petite dans un pays perdu sur une colline toscane. A Lucignana, près de Lucca. En Italie. Une femme qui rêve de changer de vie, de respirer, de prendre le temps de lire, de faire lire, qui veut réaliser son rêve.
Le livre fait rêver. On veut aller voir. Toucher. Lire. Parler. Parler cette belle langue qui chante. Mais l’Italie est loin. La Toscane est loin de chez toi, même s’il y a des liens. Un jumelage de ta ville avec Volterra. Et justement, en allant à Volterra, tu peux faire un détour, tu peux faire grimper ta voiture sur les petites routes de la montagne. Tu montes toujours. Tu grimpes encore. Tu te demandes comment on peut faire vivre une librairie dans ces espaces perdues. Tu trouves le village, blotti à flanc de montagne. On laisse la voiture, on continue à pied. On grimpe toujours. Les sentiers sont raides, mais la librairie est annoncée sur des panneaux. Tu y es presque. Ton cœur bat, tu t’y es attachée, à cette idée de la librairie perdue. Et voilà l’entrée. Un petit portail en fer forgé, à droite une terrasse en longueur, avec des tables rondes et des chaises de jardin. A gauche une entrée, porte ouverte, une petite salle, pas plus grande que ton petit salon chez toi. Des livres sur des étagères le long des murs, des livres sur des présentoirs, des livres ramassés en piles. Il faut utiliser tout l’espace. Des livres en italien partout. Des traductions surtout. Tu vois des traductions de Modiano, de Duras, de Gide, de Vargas aussi, Tu vois Virginia Woolf, Marguerite Yourcenar. Tu touches, tu ouvres, tu feuillettes…Beaucoup d’auteurs femmes…Beaucoup de livres sur les jardins, sur les fleurs…Tu baignes dans la langue italienne, tu essaies de nager, de surfer…Tu discutes avec la libraire pour comprendre…Les gens viennent de près, de loin, attirés par son livre, par le site. Par la situation exceptionnelle. Puis internet vient en aide, aussi. Beaucoup de commandes, beaucoup d’envois. L’espace minimal et le vaste monde. Elle n’a pas de regret, elle fait ce qu’elle avait envie de faire. Son projet s’est réalisé, les gens y répondent à fond. Elle est heureuse, elle va se marier le mois prochain. Elle nous invite à passer sur la terrasse, à boire un thé qui serait le thé préféré de Frida Kahlo, à goûter les marmelades inventées par Emily Dickinson. Nous déclinons, la vue de la terrasse serait magnifique sans la brume de novembre qui nous entoure justement ce matin. Un dernier regard sur la librairie qui rayonne, chaleureuse. Est-ce notre rêve qui fait que c’était beau ? Était-ce son rêve à elle qui a su transformer le lieu ? Nous partons, le cœur en joie, visiter encore le village, la petite église d’où viennent justement des sons puissants d’un orgue, puis des arômes s’échappant d’une auberge familiale nous donnent faim et nous finissons dans la salle à manger de l’aubergiste ce séjour éclair d’ici qui nous aura laissé un sentiment de sérénité joyeuse.
Magique !
Un seul mot…et qui m’enchante! Merci Émilie pour ce commentaire! La journée sera belle…
Je n’ai pas résisté et est tapé le nom de la librairie sur internet, j’y ai trouvé une vidéo de cette femme que je poste là:
https://www.youtube.com/watch?v=E__KRrxki7c&t=170s
J’aime cet élan vers l’inconnu, cette excitation. Merci pour cette découverte!
En lisant ton texte, je sens une générosité que je retrouve dans la vidéo et je comprends bien pourquoi tu as ressenti cette envie d’y aller!!
Merci, Ema, pour tes mots chaleureux, et merci pour le lien que je viens de découvrir grâce à toi. J’essaierai de mettre des photos sur mon texte, mais la vidéo reflète bien cet endroit qui m’a enchantée…