Miroir intense

Les maisons se dérident, leurs étages plongent en toi à rebours, la rue entière se gondole, offrant aux promeneurs la farce rieuse des combles devenues caves, des lucarnes en apnée, des riverains qui marchent sur la tête et des cyclistes dont les vélos planquent leurs roues derrière de hautes herbes qui tombent du ciel. Les briques, réputées moroses se prennent au jeu. Ta surface est spectacle, spectaculaire et ondoyante, la photo qu’on fait de toi n’est jamais la même que celle qu’on a fait la veille, au même endroit et à la même heure. Miroir liquide, intense, la ville explore ses limites dans tes profondeurs.

A propos de Elisabeth Saint-Michel

J'ai participé plusieurs fois aux ateliers de François Bon. J'y trouve une exigence et un rythmr qui me motivent. J'ai publié 4 livres dont le dernier, Cochon Pendu, a été largement nourri par la proposition 'Quelqu'un arrive quelque part" avec laquelle j'ai entamé mon récit, et celles qui ont suivi.

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