Codicille : exercice difficile je ne sais si je suis entrée quelque part… chez Éric ou chez Julia Chez Éric ?Non, avant.C’était chez Julia. Oui, c’est ça. Le taureau comme signe.Un taureauà Montfuron, pays des moutonset des pignons —menu provençal promis. À notre palais urbain,à notre palais rustique,à nos palais qui cherchent encore. On descendles marches en pierrefendue, pour ne pas se cognerla tête —voûte basse, cave vieillede plusieurs siècles,restaurée en restaurant. Odeur de thym dans les pierres,mobilier rustique,bois de chêne vert. Ils poussentcomme les petits painsde la multiplication — ou les souvenirs — de table en table,les voixmontent comme la conduction de la chaleur des platsdans les nappes à carreauxet les verres humides. Julia rit,nonc’est quelqu’un d’autre ? Un regard,un taureau sur l’étiquettede la bouteille. AOC.Montfuron rouge.Ne pas trop en boire. La voûte tangue.Tu te souviens ?Moi, non. Justele boiscontre la joue. Une pierrefroide,sous la main. Et cette voix,loinqui dit encore : tu sais,c’était avant.Chez Julia. Chez Julia,c’était haut,oui — vue large,le ciel piquéd’antennes et de martinets. Des collines à perte d’œil,le vent dans les oliviers,des pins noueux comme des veines. Le soirs’étiraitdans les pierres chaudes. On voyait loin,au-delà du champ,le Luberon comme un silence. Parfois des brebis,des cloches —et rien d’autre. Puis —plus tard, peut-être des étés après —c’est devenu chez Éric. Chez Éric,la vue butesur une haie bien taillée. Continuer la lecture#boost #12 / Micolet / Chez Éric ou bien Chez Julia ?→