#photofictions #04 | Lisa et le sophora

Lisa sur son banc, corps légèrement penché en arrière les deux bras parallèles tendus devant elle un geste à la Nijinski du prélude à l’après-midi d’un faune, ne cherche pas à attraper l’arbre qui est devant elle, le sophora pleureur est trop loin elle veut communiquer avec l’arbre recevoir ses mots, des mots d’arbre, lui envoyer ses ondes, son corps trop penché, la chute inéluctable, ses bras lourds caressent légèrement l’air, les ondes la tirent vers l’avant, rattrapent l’équilibre, les bras tendus parallèles emmènent les ondes jusqu’en son visage extatique ; dans le cadre la photo dit l’urgence de communiquer avec l’être vivant, dans le cadre la photo fera entendre les sons énervés puis calmés envoutants du piano qui rythme cette danse sensuelle, rituelle presque, primitive, elle n’arrête pas de bouger ; on se dira tiens elle n’est pas seule, Lisa, des gens la regardent, reçoivent eux aussi les mots du sophora, c’est ça qu’elle pense Lisa dans sa salopette bleue : on s’en sortira ensemble ou on crèvera.

A propos de bernard dudoignon

Ne pas laisser filer le temps, ne pas tout perdre, qu'il reste quelque chose. Vanité inouïe.

14 commentaires à propos de “#photofictions #04 | Lisa et le sophora”

    • Peut être tu inventes. C’est aussi fait pour ça la photographie, inventer. Qu’est ce qu’il y a derrière le cadre, quelles odeurs, quels sons, quelle tension. Et c’est pas facile de mettre tout ça dans un petit rectangle.

Laisser un commentaire