#40jours #09 | Rappel

Les lumières s’affolent sur la peau son crâne rasé, rasé de près. Dans son dos, Jason Williamson hurle son dernier morceau sur un rythme marteau-piqueur Get a shaky start to Tuesday, Sweat stains on bus windows L’accent de Nottingham échappe à Vincent mais qui le comprend ici, franchement ? I don’t want ruin my coat, but that’s just the way it goes Il a les mains devant lui, est-ce qu’il se protège ou protège les autres, non c’est autre chose, quelque chose d’irrationnel, de magique, presque. C’est comme essayer de contenir la mer, on le fait quand on est gamin ou ivre, on se raconte que les vagues peuvent nous comprendre, qu’on est capable de les dresser. Vincent le peut, il fait descendre un type de la scène et le ramène à la mer sans une once de colère ou d’inquiétude, une mer de corps et sueur, un tout qui dans quelques minutes ne sera plus rien. Il voit tout dans le noir, Vincent This is the human race Punk à la retraite, la cinquantaine, pattes élégantes, danse à peine, marmonne qu’il connaissait le groupe avec tout le monde et qu’il lui appartient. Il dira que c’était super. All you zombies tweet tweet tweet. Histrion, 20/22 ans, nez cassé, tee-shirt blanc, flocage ironique, ses copains le regardent faire, il va remonter sur scène et se jeter, encore et encore, c’est sa partition, sans laquelle il a l’impression de ne plus exister à leurs yeux. Well I just bit half a mine, throw myself on the metroline. Les copines, quarantaine, chevelures jungles, ne connaissent pas le groupe et s’en foutent, quelqu’un est mort ou presque, le conjoint de l’une peut-être, cela fait longtemps maintenant, assez longtemps pour sortir sans avoir peur de s’effondrer. Il voit tout Vincent, dans le noir, il croise le regard celui qui ne veut pas que ça s’arrête We had to walk back from the train il a mouillé sa chemise de bureau, il ne s’est pas changé, il ne veut pas rentrer chez lui parce que ce qu’il l’attend là-bas est trop grand pour lui. With the Stella kicking in my BRAIN, BRAIN, BRAIN.

Une mer de corps et sueur, un tout qui dans quelques minutes ne sera plus rien.

A propos de James Hardy

Auteur imaginé par un scénariste de télévision. Le premier n'écrit pas assez au goût du second qui, lui, travaille principalement pour des programmes jeunesses. Tous les deux font des fautes mais se trouvent toujours des excuses.

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