Les tables des nouveautés, se trouvent juste après les cartes d’anniversaire, au milieu en entrant. Sur la droite une table rassemble les livres choisis avec leurs fiches de lecture; des fiches roses à petits carreaux, fixées aux livres par un trombone, écrites à la main d’une écriture cursive très soignée . Au fond, après les linéaires de journaux et de magazines, sur presque toute la hauteur et la largeur du mur, il y a les poches par ordre alphabétique : littérature, essais et poésie; tout confondu; le programme scolaire de l’année en cours se devine entre les lignes. Les poches des présentoirs pivotants, semblent dédiés à la littérature étrangère; celui des livres pour la jeunesse, jouxte les albums, rangés tranche en l’air dans des caisses. A la maison de la presse, si on ne trouve pas le livre qu’on cherche, on peut le commander, même par téléphone. La marchande de journaux, qui est aussi un peu libraire,— ce sont ses yeux qui frappent, sombres et vifs—, fait ses commandes deux fois par semaine; sous la caisse elle aligne des essais dont l’orientation politique est claire. Elle n’écrit pas les fiches de lecture et le déplore, elle échange avec les membres d’une association de lecteur.ices ; elle voudrait tant lire plus; la presse dévore ses heures : surtout les invendus. Avant d’emballer le livre d’un beau papier bleu, elle souffle sur la poussière qui a blanchi la couverture. Les travaux de la rue n’en finissent plus, un ensemble d’appartements et de locaux commerciaux, bientôt à louer, a poussé. Un fleuriste, une agence immobilière — la septième de la rue. Non, pas de librairie , elle dit.
Un commentaire à propos de “#livre comme fiction #03 | Maison de la Presse”
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Beaucoup aimé cette maison de la presse et cette marchande de journaux un peu libraire avec la vie de la rue qui s’infiltre jusqu’à la poussière sur les livres. Merci Nathalie