A propos de Jacques de Turenne

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#L5 Expansions

EXPANSION1 …  l’imposant Cluster Covid           gigantesque cargo  porte-conteneurs         pavillon funeste et inattaquable    diagonales fond bleu et rouge deux étoiles croisées par deux carrés    tragique périple     accosté tôt dans l’après-midi        une grave avarie des membres de l’équipage         hommes étiques aux pieds nus          la lointaine Indonésie        éloignés de leurs familles         nouvelle défaillance         ni salaire          sans perspective de retour proche      l’armateur indélicat           coutumier Continuer la lecture#L5 Expansions

#L4 sentimenthèque

de Camus : l’Étranger. Infinie marche éblouie au milieu du soleil jusque dans le four des cris – des mots fous d’errance désincarnée une vie dépouillée jusqu’à l’effarement, dénudée à l’os posée au bord du monde éternel et indifférent. Être parlé comme un poisson dans les mailles du filet – malgré et en dépit – S’y tenir absent jusqu’au vertige. Parler Continuer la lecture#L4 sentimenthèque

#P4 on reste vigilants

… c’est dit, faut pas s’en faire, pas se démolir la santé hein, on reste vigilant ! j’ai bien entendu : on reste vigilant on reste vigilant ça sonne comme un slogan claque comme l’oriflamme à rebours d’une défaite – une menace exacerbée de  suricate : on reste vigilant,  le coup de menton en serpe sur la harangue aux foules hallucinées le cortège Continuer la lecture#P4 on reste vigilants

#P3 | tu perds un peu de poids

…tu perds un peu de poids, peu d’heures après qu’elle expulse les os – délivrée, sorti du four le mioche – tronche mains fripées recuites comme un vieux gant de boxe ou une pâte desséchée, fendillée, craquelée – pareille la pulpe des doigts après trop longtemps dans le bain ou sucer toujours le pouce. On en croquerait s’ouvre la bouche embrasse Continuer la lecture#P3 | tu perds un peu de poids

#2P tant secondes

autant les secondes les secondes de temps les secondes de temps en temps les secondes de temps en temps suspendu de temps en temps interrompu temps perdu temps foutu temps fondu temps ramolli mélimélo les montres moelleuses de Dali temps dégoulinant sur les toits de tuile d’ardoises toit de bois boîte de fer si je mens les secondes enfer les Continuer la lecture#2P tant secondes

une vie. extraits.

Je le dis ce matin ce matin qu’elle est venue, alors c’est l’été je crois alors c’est l’ivresse rouge, les chants d’oiseaux devenus fous quand s’efface la nuit. C’est après la lente usure de l’obscurité son poing entre mes omoplates, ses serres au bas de mon dos, alors c’est la fatigue brute, sourde, tassée jusque dans tous les recoins du Continuer la lectureune vie. extraits.

la vie carton-pâte.

imagine si c’était la ville ça serait peut-être une avec le fleuve noir et large, ses quais de travail ou promenade, encombrés de péniches gravides (leurs vélos – leurs  vertiges profus de plantes vertes, façon jungle – les grosses lettres du nom sur la croupe arrondie – l’arrosoir métallique) – les ponts et leurs sirènes juchées sur les piles – Continuer la lecturela vie carton-pâte.

Deux lignes d’environ. dix fois et à peu près.

… (franchir le seuil bonjour avancer s’asseoir m’allonger…) poser les talons sur le fil usé. nous deux dans les tentures d’encore un peu la nuit. dos brins rompus épuisé. (le vieux tapis rouge sang taché m’étalé sous les pieds…) … rives pénombre… plongées dans l’à-côté du grand tableau : c’est tout d’un grand bleu froid. simples traits noirs. rond d’œil. des Continuer la lectureDeux lignes d’environ. dix fois et à peu près.

dans cette nuit peut-être

… les flocons bleus du gyrophare sur les murs les éclats jaunes des phares lorsqu’ils croisent, la chaleur asphyxiante sous la couverture serrée, les sangles qui écrasent le ventre compriment la poitrine emprisonnent-serpent les chevilles les poignets, le ronron du moteur à l’arrêt (clin d’œil vertical des feux ?), le crescendo pour repartir, les petits paliers paisibles et indifférents des changements Continuer la lecturedans cette nuit peut-être