A propos de Marion T.

Après tout : et pourquoi pas ?

#été2023 #03bis | Un présent et trois absents

Il y a l’homme au corps rond et insolent dans le petit appartement et la femme avec la casquette sur la tête, et le vieil homme sage qui a été dans les organisations internationales et qui dit que le néo-libéralisme décidément, mais qui aime aussi le sport, et il y a également Paul Clément Jagot mais lui n’est pas vraiment Continuer la lecture#été2023 #03bis | Un présent et trois absents

#été2023 #03 | Print the legend

Comme je l’ai dit, son corps tout rond se love sous la couverture et dans ce corps, il y a la révolution, la nation en armes, la légende familiale, il y a les ruptures, il n’y a jamais, jamais de retrouvailles, il y a le fil cassé, rabiboché du temps qui passe, il y a la poussée en avant. Un Continuer la lecture#été2023 #03 | Print the legend

#été2023 #02bis | Fayoum

Il fait frais dans la boutique. Sur les étagères, s’étalent des poteries de toute taille et de toutes les couleurs. S’y trouvent les motifs végétaux et animaux, qu’on dit « naïfs » caractéristiques du Fayoum et des turquoises aussi qui nous font voyager un peu plus au Nord, un peu plus à l’Ouest dans quelque échoppe de Lisbonne. L’homme est dans l’arrière Continuer la lecture#été2023 #02bis | Fayoum

#été2023 #02 | Pangolin

La fenêtre donne sur la rue et les toits. Au matin les oiseaux piaillent au-dessus du futon. C’est entêtant. Dans le mur, les placards encastrés et le piano au milieu. La fenêtre est ouverte. Parfois le désir rôde. L’air circule, balaie le sol, remue l’air qui remue l’air, qui remue l’air jusqu’à la fenêtre du salon qui donne sur le Continuer la lecture#été2023 #02 | Pangolin

#été2023 #01bis | J’sais pas quoi faire

Qu’est-ce que j’peux faire ?… J’sais pas quoi faire… Qu’est-ce que j’peux faire ?.. J’sais pas quoi faire… Alors, lire des trucs, puis raconter des trucs, puis regarder des trucs, puis lire des trucs sur ces trucs qu’on regarde et raconter des trucs qu’on a lus sur les trucs qu’on a regardés, il y aurait des couleurs, il y aurait Continuer la lecture#été2023 #01bis | J’sais pas quoi faire

#été2023 #01 | A sec

A sa droite, le fleuve se tortille, puis s’assèche. Le profil des berges change année après année. Entre les bancs de sable, des filets d’eau s’écoulent puis se tarissent à la fin du printemps. Avec satisfaction, elle voit disparaître les jetskis qui sillonnaient encore hier le large fleuve. Les ponts en cage étendent leur carcasse brûlante. Au-delà du rond point, Continuer la lecture#été2023 #01 | A sec

#techniques #7 | Des chevaux sur un banc de sable

Paris – Nantes Le train s’achemine vers Nantes, longe la Loire à partir d’Angers. Les quais sont petits, le fleuve traîne ses lacets semés de bancs de sable, je vois les ponts aussi, Varades, Ancenis, Thouaré, et leur cage grillagée. Les champs descendent en pente douce depuis la voie ferrée. La falaise est abrupte : au-dessus se dressent les entrelacs Continuer la lecture#techniques #7 | Des chevaux sur un banc de sable

#été2023 #00 | La mérule

Il y a ceux qui embarquent, qui ouvrent. Elle en retient, les paysages, la tension, la fiction, les personnages, les couleurs, les matières. Il y a ceux qui accompagnent. Elle en retient : la voix. C’est avec cette voix qu’elle entre en conversation, il y a vingt ans. La chaleur monte du parquet dans la salle ancienne. Le livre est Continuer la lecture#été2023 #00 | La mérule

#techniques #04 | Le tutu rose

Ce que c’est que d’atterrir – Elle parle avec un homme. Elle a le cheveu frisé. Elle dit souvent je t’aime, c’est plein et ça coule. Le poids des années, parfois c’est poudreux, parfois c’est liquide. Je lui tends mon carnet. Elle prend mon stylo et dessine. Elle a fait des portraits tout le week-end à Montreuil, elle n’a pas Continuer la lecture#techniques #04 | Le tutu rose

#techniques #05 | Martèlement

C’était l’agitation du printemps encore, le pépiement des oiseaux, le martèlement des outils dans le chantier sur le trottoir d’en face, les cris des enfants dans la cour de l’école bruissaient et s’égaillaient dans l’air tels une nuée d’insectes, les jours s’allongeaient, puis sans que l’on y prenne garde l’air était chaud et le corps lent, s’amorçait alors la descente Continuer la lecture#techniques #05 | Martèlement