A propos de Marion T.

Après tout : et pourquoi pas ?

#techniques #03 | un peu à l’étourdie

Derrière les silences, son corps, les silences et les hautes herbes, les mousses rases. La Masse allongée, est ronde et rose. Elle n’est pas uniforme. Au long des versants escarpés, sur la chair élastique, je trottine. Elle gît parmi les hautes herbes, sous la lumière, dans la trouée, les excroissances rosées, rattachées au troncs, exposées aux rayons du soleil, déposées Continuer la lecture#techniques #03 | un peu à l’étourdie

#techniques #01| le sentiment de la faim

Le sentiment de la faim, le sentiment du sucre, de la noisette, le sentiment du cru, de ce qui croque, qui croustille et qui craque, le sentiment de la morsure, de la mâchoire qui broie, des glandes salivaires, de la crue, c’est que l’objet n’est pas pensé, pas présent, c’est qu’il est goûté, c’est qu’il est remémoré, c’est qu’il est Continuer la lecture#techniques #01| le sentiment de la faim

#techniques #02 | Au vol inverse

Fouillis des toits, pigeonniers, terrasses et plateformes. Pointes, aplats, triangles. Le drapeau sur les hauteurs. Rouge. Des surfaces, les bords épais, baveux dans le crépuscule. Les ordures fuient à chaque étage des sacs éventrés. En contrebas la file lente et dispersée de camions. La fumée âcre, chaude, enveloppante. A l’arrière, les églises dans le creux de la roche, la masse Continuer la lecture#techniques #02 | Au vol inverse

#voyages #04 | Cimetières – Voyages plus ou moins réels

La halte Au virage, deux hommes sont accroupis sur un sol pelé et caillouteux. Un ruban que tendent de minces tiges de métal délimite une surface rectangulaire. C’est au virage. Ce sont deux hommes. C’est comme dans Blake et Mortimer. C’est que c’est l’Irlande peut-être. C’est qu’au virage on est au sommet de la butte et au sommet de la Continuer la lecture#voyages #04 | Cimetières – Voyages plus ou moins réels

carnets individuels | Marion T

#20 – 28/11 Rame surpeuplée, regardent tous le téléphone, se fond parmi les corps, la femme est là à l’angle, se fond parmi les corps, observe, la rejoint, paupières baissées, la femme, carré noir, regarde ailleurs, frôle et s’attarde le long du sac, le long de la poche, frôle et glisse une main, glisse et prend, la liasse, liasse en Continuer la lecturecarnets individuels | Marion T

#carnets #prologue | Le non carnet et la pomme de terre

Le premier : rouge, bordure noire, A5, cartonné, petits carreaux, trois autocollants du livre de la jungle. Carnet obtenu dans une kermesse recyclé quelques années plus tard. Deux écritures se superposent. Par endroit un tracé large, rond, appliqué. Ici, la mention Vocabulaire, là, le terme Florilège avec un beau F bouclé. Puis des citations… A la fin, quelques mentions d’un lyrisme douteux, Continuer la lecture#carnets #prologue | Le non carnet et la pomme de terre

#photofictions #09 | Sans fin ce vague chant

La suivre partout… Il fallait la suivre partout. Alors il a cavalé. Le long du canal. Elle disait serti d’ordures… serti, elle disait. Elle disait faut aller dans les coupe gorge. Elle disait faut toujours aller y voir de l’autre côté. Alors il a cavalé. Il attendait, il attendait. Elle disait, il faut aller voir les débris, les carreaux cassés. Continuer la lecture#photofictions #09 | Sans fin ce vague chant

#photofictions #08 | Être heureux est un art de vivre

« Ce qui fait mon continuel étonnement, c’est l’aspect animé des squares et des jardins publics. Aux Tuileries, des femmes brodent à l’ombre des marronniers, des enfants jouent, tandis que, là-haut, du côté de l’Arc de Triomphe, les obus éclatent. » Emile Zola, Nouveaux contes à Ninon Il y a la manifestation. C’est dans les rues, c’est juste à côté, juste au Continuer la lecture#photofictions #08 | Être heureux est un art de vivre

#photofictions #07 | Quand Marco dansait

Il y a les yeux rieurs, il y a la frange noire. Sombres les yeux et vifs. Sombres les cheveux. Noiraude montre ses petites dents, le corps nu sous le filet de laine orange. Noiraude est assise les genoux repliés, sur la chaise de bois. La pièce est sépia. Le filtre ne s’en est pas mêlé. Noiraude baigne dans les Continuer la lecture#photofictions #07 | Quand Marco dansait

#photofictions #06 | Relief

Plage vide, minuscule, blanche, lignes horizontales devinées brouillées par le mouvement vertical, gouttelettes au ras de l’eau, masse compacte, subrepticement captée. De loin la plage gonfle et offre sa géométrie sans odeur. Le corps massif a déjà disparu. Un fragment de secondes, la queue de la baleine suspendue en l’air semble flotter et prête à s’élancer puis s’enfonce. L’eau tourne Continuer la lecture#photofictions #06 | Relief