A propos de Marion T.

Après tout : et pourquoi pas ?

#photofictions #05 | Et vous ?

[J’y connais rien, rien de rien. Je ferai semblant. Je vais citer. Je vais renvoyer à… Ça, quand on cite, tout de suite… Ça fera terrain. Rocaille même. Cinéma vérité. Rien de rien… ] Voix off. Écran noir. Bruits d’eau et de vaisselle, craquement du parquet, frottement du tissu, zip d’un sac, claquement de la porte, la clé qui tourne, Continuer la lecture#photofictions #05 | Et vous ?

#photofictions #04 | Siphon

Et comme est chaude la laine, les fils croisés se retroussent sur l’avant-bras, que le froid piquant gifle sous le ciel jaune et rouge, ciel qui glisse, se gonfle, s’étire comme l’étoffe que le vent déforme, immobiles les cheveux piquants en brosse, insensibles à la bourrasque à laquelle s’offre un visage nonchalamment posé sur le rebord, c’est qu’il n’y a Continuer la lecture#photofictions #04 | Siphon

#photofictions #03 | Madame lape

C’est les habitants dans la grande ville. C’est les surfaces colorées. Il y a les visages, et la langue qui sort et qui lape. Elle lape tout le temps. Elle lape le café. Elle lape la glace. Elle lape la langue d’un autre qui lape. C’est à Prague et les habitants lapent. Ils lapent la bière. Ils lapent aussi la Continuer la lecture#photofictions #03 | Madame lape

#photofictions #02 | Le baiser 2

La rue s’étire. Le long trait d’asphalte se heurte à la façade carrée d’une demeure bourgeoise. Les réverbères sont éteints. Elle cuisine. Réverbère : c’est un beau mot. Un goût de métal, subreptice et incertain envahit la langue. Sous ses doigts puis le long du poignet, monte le toucher rêche de l’assiette en fer blanc. Une salive épaisse se répand Continuer la lecture#photofictions #02 | Le baiser 2

Photofictions #02 | Le baiser

Dans la rue, il n’y a personne. Cuisiner. Attendre la nuit. Les réverbères éteints. C’est un beau mot : réverbère. Sous la langue le goût du métal, sous les doigts le toucher d’une assiette en fer blanc. Se sont multipliés ces dix dernières années… attroupements dans d’anciennes rues passantes… attirés par l’odeur, la vibration des foules disparues… C’est beau réverbère. Continuer la lecturePhotofictions #02 | Le baiser

#photofictions #01 I Mars la rouge

Les épis couleur de blé mûr ondulent parmi les touffes compactes de gourbet. Le nain bondit, danse et chante. Durant des mois, file la paille au rouet, la change en or. La jeune paysanne promet son premier né. La silhouette des ifs, noire, accidentée fait l’effet d’une muraille. Au-delà du massif, les dunes se muent en canyon. Une vapeur dorée Continuer la lecture#photofictions #01 I Mars la rouge

#40jours #40 | L’impression très joyeuse de la connaître

C’est un joli mot dessication. Une ville et des objets, bizarres, idiots, incongrus, et derrière les objets, des circulations, des portes dérobées, des strates de temps. Rester humble devant les objets, ils nous suivront dans la tombe, les pires d’entre eux surtout. #40jours #prologue | Le musée de Châteauroux demande un cadavre « Idées de texte à graver sur une plaque Continuer la lecture#40jours #40 | L’impression très joyeuse de la connaître

#40jours #39 | Présence du futur

La silhouette du château se dessine, massive et sombre sur la haute colline qui surplombe la vallée. A sa gauche, camions, voitures, motos roulent à l’infini le long de la grande artère déglinguée. Elle traverse la vallée alors que la nuit tombe. La lumière de l’hiver délave le trottoir qui prend des teintes jaunes clair par endroit et paraît enrober Continuer la lecture#40jours #39 | Présence du futur

#40jours #double | Flambée

Le double et l’envers de #38 … un classique. De l’autre côté de la rue sont les petits pavés et l’immeuble de quatre étages. Les travaux ont démarré depuis six semaines. Les murs sentent fort la peinture. Les murs reflètent la lumière et ça fait mal aux yeux. C’est très blanc. Le ciel aussi est lumineux et la chaleur étouffante. Continuer la lecture#40jours #double | Flambée

#40jours #37 | Je vous en foutrai moi des madeleines de Proust

Je les aime pas les pèlerinages. Je les aime pas. Je ne retournerai pas, non, je ne retournerai pas à Châteauroux sur les banquettes de l’Apollo. A l’ombre du château Raoul ? N’y comptez pas. Même pas dans les étages de l’hôtel de ville, face aux grandes fenêtres, vue sur l’étendue plate toute peuplée de fantômes, hordes de cavaliers envahissant Continuer la lecture#40jours #37 | Je vous en foutrai moi des madeleines de Proust