A propos de Marion T.

Après tout : et pourquoi pas ?

#40jours #36 | Parade

Le parvis donne sur le ciel. Quelques temps déjà qu’elle les suit, dans chaque ville, dans chaque pays. Sur les visages les coulées d’ombre, de lierre. Ils sont contents, pensifs. En contrebas coule l’Arno. Là-bas les tours et les pavés, les tableaux dans les musées. Elle les suit, elle ne se souvient plus du décor. Elle ne se souvient plus Continuer la lecture#40jours #36 | Parade

#40jours #35 | Sur le dos des phasmes

Hier encore on posait sur le bitume une nouvelle couche, un nouveau sol, dans le sol des racines, sur les racines des troncs, autour des racines des lombrics, des mangeurs de feuille, on ajuste sur les branches une série de feuilles qui tombent en rythme au bas des troncs à une vitesse savamment calculée, ni trop lentement, ni trop vite, Continuer la lecture#40jours #35 | Sur le dos des phasmes

#40jours #34 | Sous la voûte

Le quartier est silencieux. Il fait nuit. La fenêtre donne sur la grande façade rouge. Au matin, les passants se pressent vers la gare routière. Les bus se déversent sur le boulevard. Avant le matin il y a le vrai matin, le premier matin. De la fenêtre j’entends monter le chœur des oiseaux. Je ne les vois jamais. Je ne Continuer la lecture#40jours #34 | Sous la voûte

#40jours #33 | à hauteur d’enfant

Le pas sonore sur le pavé quand la ville est mouillée et la rue déserte, le fond de la rue dessine une courbe, le pas vient de la courbe, l’ombre de la silhouette émerge à peine, silhouette immense tirée par un molosse aux oreilles pointues, mouvement fureteur, salive invisible, crocs enfouis encore. Inquiétude. Effroi. La jeune fille blonde promène un Continuer la lecture#40jours #33 | à hauteur d’enfant

#40jours #32 | Où l’on parle de limaille de fer, de ruelles planes mais escarpées et d’une lumière aveuglante

L’éclat blessant du sable, le reflet des fenêtres, et aussi tu t’étourdissais de chaleur Les murs sont blancs. La lumière fait la couleur noire. La lumière fait les tracés droits en dépit de la brume. Les individus se détachent à peine. Les ombres se valent, ombre du bus, ombre d’un corps, ombre d’un arbre. C’est la ville de Camus. Il Continuer la lecture#40jours #32 | Où l’on parle de limaille de fer, de ruelles planes mais escarpées et d’une lumière aveuglante

#40jours #30 | Parce que saoul la ville se dilue

Sa robe est pourpre et sale. A demi-nue elle fait l’effet d’un personnage de bande dessinée, Jane défraîchie au corps tanné, légèrement courbé. La poitrine est creuse sous le lambeau de tissu. Elle se déplace péniblement, mais son mouvement suggère la souplesse et le bond. Sous la robe sale, couvent des incohérences, des contradictions, des frissons de panthère malade. Il Continuer la lecture#40jours #30 | Parce que saoul la ville se dilue

#40jours #26 | Autour du massacre

L’histoire de celui qui s’appelle Anatole et de retour du front de Crimée où il exerce comme aumônier militaire dit à ses proches : « Je ne mourrai pas avec un bonnet de nuit » L’histoire de celui qui s’appelle Eugène et s’est spécialisé dans la photographie judiciaire et édite un recueil de de photomontages intitulés les Crimes de la Commune en Continuer la lecture#40jours #26 | Autour du massacre

#40jours #25 | 85 rue Haxo

Le soir tombe. Derrière le portail, l’allée. Avant le portail, la rue, la pente, les boutiques s’allument, la rue dévorée par le ciel. Quelques jeunes gens au bas d’une épicerie parlent fort. Le livreur attend. Autrefois la foule. Collections d’articles, collections de bouteilles, alignement banal. Les entrées d’immeubles se succèdent. Commerces, résidences, plaques dorées : avocat, psychologue. Une petite musique Continuer la lecture#40jours #25 | 85 rue Haxo

#40jours #24 | Linky

Il verse le café… la réunion de quartier… cafés, petits gâteaux, tables, chaises… denrées, mobilier… se divisent en objets relevant d’un compte de classe 6 selon la terminologie de la nomenclature M14 applicable aux communes et largement inspirée des classifications privées issues du plan comptable général pour s’appliquer dans les années 1990 aux dispositifs publics, denrées ou mobilier se répartissent Continuer la lecture#40jours #24 | Linky

#40jours #21 | La ville régressive

Briser la vitre de quelques abribus, piler le verre, le déverser sur la première plage rencontrée, ne pas aller se baigner dans la foulée en trottinant sur ladite plage même par grand soleil Se poster à l’entrée de la supérette, tailler patiemment les roues des caddies de manière à obtenir des formes irrégulières Pénétrer dans un terrain vague, identifier une Continuer la lecture#40jours #21 | La ville régressive