A propos de Perle Vallens

Au cœur d’une Provence d’adoption, Perle Vallens écrit et photographie. Ecrire c’est explorer l’intime et le monde, porter sa voix pour toucher. Publie récits, nouvelles et poésie en revues littéraires, ouvrages collectifs et personnels (lauréate du Prix de la Nouvelle Erotique 2021, toucher à la hache au au diable vauvert). Derniers livres : peggy m. aux éditions la place et Solo aux éditions Tarmac. Touche à tout, pratique encore le caviardage, le cut up (image et/ou son), met en voix (sur soundcloud Perle Vallens ou podcasts poétiques), crée des vidéo-poèmes et montages photo-vidéo (chaîne youtube Perle Vallens). Master de création littéraire écopoétique en 2026 avec le texte de création Les Insignifiantes, également le nom d'une exposition plastique et photographique qui circule depuis fin 2024.

#anthologie #14 | de ouf

Elle l’a dit, ambiance de ouf ! Elle a dit soirée de ouf, musique de ouf. Il y avait JB, B, E, L & M, t’aurais dû venir, c’était vraiment de ouf ! T’as réussi ton interro ? De ouf, j’ai fait dix pages. Elle n’aurait pas dit seulement bien. Bien c’est pas assez. Même très bien c’est pas assez. Continuer la lecture#anthologie #14 | de ouf

#anthologie #13 | salle d’attente (en 3983)

Le cabinet se situe dans un de ces groupements médicaux où l’on trouve plusieurs praticiens. Il y a ici le kiné et l’ostéopathe chez qui je vais régulièrement, pour des soins ou à titre préventif. Deux secrétaires sont derrière la banque d’accueil. Nous ne nous y arrêtons pas. Nous savons très bien où nous allons. Je clopine sur mes béquilles Continuer la lecture#anthologie #13 | salle d’attente (en 3983)

#anthologie #12 | 3 villes à l’approche

Un souvenir vague, une odeur saumâtre, parfois vive, marécageuse qui fait froncer le nez. Tout près, les cris des pigeons, le battement de leurs ailes, et en fond le verbiage en langue étrangère des touristes, ce serait une autre façon de découvrir la ville : yeux fermés. Faire abstraction des places, palais, ruelles, canaux, gondoles. Voir seulement avec l’odorat et l’ouïe, Continuer la lecture#anthologie #12 | 3 villes à l’approche

#anthologie #11 | sur le chemin du retour

J’enclenche la première et c’est comme si je conduisais pour la première fois, première minute et le trac surgit, celui de rentrer plus que de partir quelque part L’inconnu moins angoissant que le trop connu, l’irréel moins Flottement de lumière basse sur le pare-brise, le paysage tremble de tout son long de tout son horizon qui ne promet rien qu’une Continuer la lecture#anthologie #11 | sur le chemin du retour

#anthologie #10 | une vie

Il a quatre-vingt ans. Il vit au même endroit depuis cinquante ans. Ses yeux pleurent de façon pathologique, sans raison. Ou peut-être en a-t-il une. Ou dix. Ou une raison de trop : se sentir vieillir. Est-ce ça être las ? Il a soixante-dix ans. Il est encore en forme pour son âge, c’est ce que dit son entourage, sa famille, Continuer la lecture#anthologie #10 | une vie

#anthologie #09 | le mot

c’est ma bouche, je le sais bien, c’est ma bouche toute seule, mes lèvres qui s’ouvrent, ma langue qui remonte d’un coup comme un élastique trop tendu et schlac, ça lâche, ça rebondit, ça s’écrase parfois, la langue qui forme les syllabes toute seule, sans le cerveau, je le sais pourtant, combien de fois ça s’est produit, la langue seule, Continuer la lecture#anthologie #09 | le mot

#anthologie #08 | la tache (2)

D’une nuit vierge, une nuit sans rêve, rivage plat d’encéphalogramme, faire abstraction. Je me hisse au-dessus des frictions, des insomnies, des douleurs. Je me mets en quête de fadeur, d’un processus linéaire de rangement des pensées, une ligne continue sans aspérités. C’est sans compter la tache qui revient à la charge. Je la vois grossir, c’est un mauvais naevus, un Continuer la lecture#anthologie #08 | la tache (2)

#anthologie #07 | la tache

Il y a une tache sur le mur. Je ne me la rappelle pas, ne sais pas de quand elle date, d’où elle vient, ce qui l’a causée. Je la regarde et c’est totalement hypnotique. Quelque chose s’efface en moi à mesure que la tache prend consistance. Elle devient plus visible. Tangible, tactile presque. La tache avale tout. Elle occulte Continuer la lecture#anthologie #07 | la tache

#anthologie #06 | le corps parle

Seule, c’est le corps qui parle, qui dit la concentration, le souffle, la maîtrise. L’absence des autres favorise ça. Être face à soi-même, se confronter. Tenter de savoir qui on est vraiment, sans autre occurrence que sa propre écorce, sa propre étoffe. Savoir de quel bois se tire l’endurance, de quel tronc se tisse la tension, de quel endroit la Continuer la lecture#anthologie #06 | le corps parle

#anthologie #05 | celui qui n’en peut plus

Ce n’est pas que je ne veux pas mais je ne veux pas. Mais vraiment épuisé. Mais vraiment angoissé. Vraiment trop vieux pour tout ça, tu comprends. Non tu ne comprends pas, tu ne peux pas te mettre à ma place. Tu n’es pas là. Je peine, je n’arrive pas à vivre, à retrouver sérénité. Trop vieux, trop mal en Continuer la lecture#anthologie #05 | celui qui n’en peut plus