#40jours #18 | chemin du retour

Longer le couloir de tôle, un espace pré-fabriqué grouillant de trajectoires solitaires. Des couloirs infinis remplis d’êtres écrasés par un amas de bagages. Certains disparaissent presque sous le poids amoncellé. D’autres tirent de lourdes valises, le corps arqué dans l’autre sens. Regards au sol, rasant les murs ou au plafond, lorgnant la lumière saturée des néons. S’enfoncer dans la terre Continuer la lecture#40jours #18 | chemin du retour

#40jours #19 | n’en rien dire

vingt-huit juin impossible à décrire, je pourrais n’écrire qu’un mot et tout serait dit en ajoutant la date – il n’a pas pu en être autrement – un toponyme de la banlieue de la ville, Babylone tu déconnes chantait Bill – exactement mais cette réalité-là, non – ou alors seulement le jour du départ pour un autre lieu, plus au Continuer la lecture#40jours #19 | n’en rien dire

#40jours #18 | rentre chez toi

je prends un train qui va à l’est et qui commence par s’arrêter à SPDC,  on sera passé devant plusieurs wagon tagué, derrière se trouve les ateliers de maintenance de la sncf,  ça ne se voit pas encore mais on remonte le fleuve, Je ne rentre pas, je repasse par là parce qu’on à beau faire la terre est ronde. Continuer la lecture#40jours #18 | rentre chez toi

#40 jours #19 | Attente pont

Arriver en avance. S’arrêter côté droit, presque au milieu de son arche unique d’une bonne soixantaine de mètres pour vingt de large. S’adosser au parapet d’acier et de gros boulons. Nappes grises de la peinture antirouille. Interrompre là ce mouvement de passage pour traverser d’une rive l’autre. Se placer volontairement en retrait du flux. Attendre. Ils traînent pas les derniers Continuer la lecture#40 jours #19 | Attente pont

#40jours #19 | derrière eux leurs mouvements

Qu’as-tu fait dans ta ville ? J’ai attendu qu’elle disparaisse. ——— Sur ce banc. La Rotonde sur la gauche. A quelques dizaines de mètres. On en sort on y entre. Les cigarettes des hommes accoudés à la rambarde surplombent la place du marché. Le rendez-vous a été fixé ici. Sur ce banc. Sous cet arbre. A côté de cette aire de Continuer la lecture#40jours #19 | derrière eux leurs mouvements

#40jours #19 | Grany Lucila

Comme il en avait marre de culpabiliser, Sébastien avait fini par aller la voir. « Trois mois et demi », se dit-il dès qu’il aperçut sa grand-mère tournée vers la fenêtre, silhouette filiforme dessinée en contre-jour. Elle n’avait pas réagi à son petit code musical, ces coups à la porte dont ils avaient convenu depuis l’enfance de Sébastien, quand elle était encore Continuer la lecture#40jours #19 | Grany Lucila

#40jours #19 | on vous recontactera

Pas question de patienter,  pas d’indication suffisante pour imaginer une durée.  L’homme qui nous reçoit  dit  juste entrez. Attendez là. Il tourne la poignée métallique de la porte,  il tire vers lui  la porte, il se met ensuite de côté pour s’effacer, laisser passer. L’homme laisser-passer se déplace de côté laissant libre le seul passage possible vers  la  grande pièce. Continuer la lecture#40jours #19 | on vous recontactera

#40jours #17 | invisibles

Une employée, vêtue d’un gilet jaune vif, parcourt le couloir de la rame. Sans un mot, elle tend un sac poubelle, jaune vif lui aussi, aux passagers qui, sans un mot, y lancent leurs détritus. Elle se baisse ou se déploie pour attraper un gobelet ou une bouteille qui ne lui ont pas été remis. Sans un mot toujours. Une Continuer la lecture#40jours #17 | invisibles