#40jours #10 | une main dans le vide

La vieille s’étonne : ainsi donc vous ne vous souvenez de rien ? L’homme a ce mot dans la tête, le pays natal, il sait que cette grange, c’est le pays natal, mais du pays natal il ne sait rien, il a toujours vécu là-bas, presque toujours, il a toujours vécu là-bas mais il a toujours su qu’il venait d’ailleurs, on a Continuer la lecture#40jours #10 | une main dans le vide

#40jours #10 | souvenirs incertains.

J’ai peu de souvenirs de cette statue de Jésus debout derrière la porte qui accueillait les visiteurs mais elle m’intriguait petite fille, pourquoi Jésus dans une famille qui ne nous avait pas baptisé ? sûrement l’originalité du geste, la folie de l’accueil, peu de souvenirs aussi du grand jardin dans lequel trônait une sorte de charrette que je ne saurai Continuer la lecture#40jours #10 | souvenirs incertains.

#40 jours #09 | vies de bar

Il détaille néanmoins la fille, brune, assez petite, bien foutue, tout à fait son genre. Il est seul d’un côté du bar, elle est seule de l’autre côté. Entre deux, il y a un barbu qui essuie des verres. Derrière, des vieux, silencieux, sirotent. Sonia Modini est assise sur une chaise haute et elle boit, lentement. Sonia Modini vient de Continuer la lecture#40 jours #09 | vies de bar

#40jours #10 | à Colombes-les-Vallées elle chantait

« Le Rassemblement national (RN) réalise une percée historique en faisant élire 89 députés dans cette nouvelle Assemblée et devient, hors coalition, le parti d’opposition qui compte le plus d’élus. Pour la première fois lors d’un scrutin majoritaire sous la Ve République, le parti d’extrême droite dépasse aussi largement le seuil des quinze députés nécessaires à la constitution d’un groupe parlementaire, Continuer la lecture#40jours #10 | à Colombes-les-Vallées elle chantait

#40jours #10 | peu de souvenirs en vrac

Peu de souvenirs de la crèche façade blanche se dressant haut dans une rue latérale sinistre, des siestes quand les autres dormaient pas moi, de l’école Charles Digeon classe de CM2 où l’instit homme corpulent au crâne ras mettait les punies au coin (après 68!), de la cour plantée de gros marronniers, du préau sol rouge, des escaliers que je Continuer la lecture#40jours #10 | peu de souvenirs en vrac

#40jours #09 | visages pressés

Elle, la petite quarantaine, brune peau lisse et bronzée, un tapis de yoga en bandoulière, une combinaison de coton brodée d’un vert vif, des sandales en nubuck au pied. Le magasin bio est très calme à cette heure. Elle a acheté trois bricoles, se dirige vers la caisse, se ravise, laisse son panier pour aller chercher une salade de lentilles Continuer la lecture#40jours #09 | visages pressés

#40jours #10 | depuis la main

J’ai peu de souvenirs de l’appartement de la rue du Corbeau. On ne donnerait plus ce nom à une rue aujourd’hui. Je devrais chercher sur Google toutes les rues du Corbeau. Le souvenir du souvenir, voilà ce qui me vient. Depuis le vague souvenir d’une photo sans doute. Le canapé en tissu noir chiné de quelques points blancs, une fauteuil Continuer la lecture#40jours #10 | depuis la main

#40jours #10 | là où je suis née

Je ne me souviens pas de la ville où je suis née. Je ne vois pas ses contours, ni les personnes qui la peuplent. L’artère principale bordée de platanes, oui. Avec la lumière des phares de véhicules sortant de l’autoroute. J’ai bien peur que les autres souvenirs que j’en ai soient inventés. Je vois un théâtre, avec une entrée sombre Continuer la lecture#40jours #10 | là où je suis née

#40jours #10 | au bon Souvenir derrière un mauvais…

Il n’y a pas d’images que déclaratives, assertives, finies Hors temps, hors personne, hors circonstances, vérités proférées comme telles […] Et mon esprit compte; et refuse jacques roubaud, Méditation du 21 jUILLET 1985 Je dirais Au bon Souvenir, comme je dirais Au bonheur des Dames… Reconstituer les après-midi d’été chez cette délicieuse dame, une parente, avenante et artiste, dont la Continuer la lecture#40jours #10 | au bon Souvenir derrière un mauvais…

#40jours #07 | un trou

Je descends dans le métro par l’escalier gris sombre, les traces rondes et plus claires des chewing-gums aplatis sont toujours à la même place, je descends sans croiser un cafard ni même un humain, ça c’est plus étrange, les humains cachés comme les cafards, ça résonne étrangement d’ailleurs, je descends descends descends et c’est ensuite un couloir, le bitume brillant Continuer la lecture#40jours #07 | un trou