#40 jours #03 | école publique maternelle Louis Aragon, Wasquehal

Quartier calme, hors de la grande ville. Aménagement urbain proche de l’école : Dans le fond à gauche, espace périmétré par de discrètes barrières espacées.  Au moins trois arbres feuillus.  Rien d’offensif, au contraire : tout respire la tranquillité.  Simple zone (ici, vide) dévolue au personnel scolaire, aux enfants et parents.  On peut imaginer des rangs de petits bouts s’y former, et Continuer la lecture#40 jours #03 | école publique maternelle Louis Aragon, Wasquehal

#40jours #02 | ping-pong

Le verre est tombé, ils n’ont qu’à pas, aussi, jouer ici, le ping-pong c’est dehors, bien sûr ça allait arriver, avec la minuscule table déployée du mur et qu’il faut rabattre après manger, mais faite donc pour manger, et pas ping, ping… La mère essuie une larme. C’est les vacances et c’est la fatigue. Dans le mobil-home voisin, la radio Continuer la lecture#40jours #02 | ping-pong

#40jours #02 | Voir sans être vu

La fenêtre de l’appartement est un écran. Tu as toujours été attiré par les écrans. Dans les appartements dans lesquels tu as vécu, tu as toujours recherché, privilégié la vue. Vue sur la mer, sur un petit jardin, une prairie, des collines, une baie, vue sur l’horizon, vue sur la ville. Et dans la ville c’est le vis-à-vis qui t’attirait Continuer la lecture#40jours #02 | Voir sans être vu

#40jours #02 | la ruelle à toits ouverts

Il n’est pas loin de huit heures du soir. Au numéro 8, un garçon d’une dizaine d’années joue aux petits soldats dans un salon pendant qu’à la télévision défilent des images de la guerre en Ukraine. Au numéro 6, dans la maison mitoyenne, une femme prépare des bananes pesées. Une façon de conjurer l’exil. Sur le buffet, une demande de Continuer la lecture#40jours #02 | la ruelle à toits ouverts

#40jours #02 | ni « La vie mode d’emploi » ni « l’immeuble yacoubian.

Assise sur le balcon, j’imagine. Il a cinq étages et trois entrées. Je l’ai désossé combien de fois, à force d’y voir entrer et sortir les gens toute la journée, j’y ai imaginé des pièces entières pleines de leur vie. À raison de quatre appartements de cinq pièces par palier, cela fait déjà vingt, fois trois entrées fois cinq étages, Continuer la lecture#40jours #02 | ni « La vie mode d’emploi » ni « l’immeuble yacoubian.

#40jours #02 | Louis dessine

Dans l’idée, les fenêtres sont transparentes. Alors on a tendance à les laisser blanches. Mais le jour, c’est pas vrai, les fenêtres, par rapport à la façade, il faut les faire noires, pour l’équilibre. C’est toujours un peu frustrant de les combler comme ça, et encore, c’est si on ne prend pas en compte les reflets : le ciel, les Continuer la lecture#40jours #02 | Louis dessine

#40 jours #01 | une cartographie lacunaire

Ça me fait penser à un petit angle de rues à Venise, près des Fondamente Nuove, pas loin du Rialto. Les chemins s’entrelacent, on peut prendre l’un comme l’autre, quoi qu’il arrive c’est un détour, pas de vol d’oiseau possible. Mon corps se fond dans le détail des linteaux, les parois sont rugueuses, les vierges se cachent dans toutes sortes Continuer la lecture#40 jours #01 | une cartographie lacunaire

#40jours #01 | tout deviendra poussière

depuis que grande… enfant, elle aimait y esquisser son prénom, suivi d’un cœur ; doigt bruni de poussière, fière de se voir désignée, seules lignes propres de la surface, comme rescapée. depuis qu’adulte… elle a cessé de s’amuser de ces palimpsestes, aucune façade n’accueillera mots ni dessin. elle veille, nettoie, mains cachées. (extrait)

#40jours #02 | la maison drôlement remontée

La façade, ça coulisse, ça s’enlève et on voit tout en une fois qui fait des petites boîtes bien sages, toutes proprettes, on voit tout et on te voit aussi, même les pièces aveugles elles se prennent le gros visage nez à nez, le gros yeux qui toujours l’air terrible de si près Continuer la lecture#40jours #02 | la maison drôlement remontée

#40jours #02 | survol

L’océan rejette les algues sur la jetée, une bouée perdue dans une tempête en folie et les débris des toitures arrachées, rue Saint-Yon les premiers clients poussent la porte du café étroit, au premier l’habitation, au dernier étage la terrasse, un garçonnet en culotte courte et chaussette blanche pose devant la devanture, sur la place de Verdun les passants se Continuer la lecture#40jours #02 | survol