#40jours #01 | Derrière les planches

Une main velue osseuse tourne hâtivement une partition sur le lutrin du piano droit au bois sombre où dorment des napperons blancs des photos un naja bougeoir en métal jaune deux vases brillants de Safi aux feuilles d’acanthe bleues et sur le mur la reproduction d’un tableau de Dali à gauche une cloison en fer forgé un cache-pot en macramé Continuer la lecture#40jours #01 | Derrière les planches

#40 jours #02 | La nuit monte par l’est

Depuis le sommet de ses montagnes, le gros œil balaye l’horizon. La nuit monte par l’est, le jour sombre à l’ouest. D’énormes cachalots nagent vers l’estuaire. Sur la lande loin des villages, des petits groupes serpentent à la lueur de leurs torches. Au bord d’un étang, une femme est assise, elle tourne le dos à ce qui sort des grands Continuer la lecture#40 jours #02 | La nuit monte par l’est

#40 jours #02 | La vie des autres

Il arrive tous les matins sur la terrasse de l’appartement d’en face, un bol de café dans une main, une assiette et quelquefois un livre dans l’autre. Entouré par deux chats, l’un noir et blanc, l’autre d’une couleur indécise, il s’assied par terre ou alors sur le petit muret qui entoure la terrasse. Il regarde le ciel, boit une gorgée Continuer la lecture#40 jours #02 | La vie des autres

#40 jours #01 | Point de bascule

Elle écrase l’herbe déjà chahutée à cet endroit. Sous les traces de pieds nus, de chaussons, sous les trainées de semelles en caoutchouc empruntées à sa mère, quelques pâquerettes qui auraient bien aimé finir en collier ne peuvent pas lui résister. Elle recule de quelques pas et laisse faire le mouvement : cordes tendues, poteaux bien ancrés au sol, dans le Continuer la lecture#40 jours #01 | Point de bascule

#40jours #prologue | blocs rapides

l’intérieur de la station RER Châtelet les Halles lumière blanche murs carrelés sols élimés une femme blanche à droite presque floue dans son tailleur noir se dirige quelque part vers les machines elle est loin derrière un homme fatigué qui pousse son cadis rempli de coussins couvertures tas d’objets en désordre aux coins noircis il ne bouge pas il regarde Continuer la lecture#40jours #prologue | blocs rapides

#40jours #01 | Sam’s café

Parmi les voyageurs, qui ne connaît le zèbre de la gare du Midi ? L’aphorisme bien connu « L’habit ne fait pas le moine » prend ici tout son sens. En effet, parler de zèbre est méconnaître l’équidé qui accueille ou dit au revoir aux voyageurs (mais pas que des voyageurs, aussi des amis de Tiers Livre). Il s’agit en réalité d’un cheval Continuer la lecture#40jours #01 | Sam’s café

#40jours #01 | chez Nathalie

La clé triangulaire ouvre la porte d’entrée de son immeuble tandis que l’autre donne accès à son appartement. La toute petite clé est pour la boîte aux lettres au rez-de-chaussée ; elle possède son propre anneau, contrairement aux deux premières. La clé de la Citroën aussi a le sien : quatre clés pour trois anneaux, donc, reliées à un porte-clé passablement volumineux Continuer la lecture#40jours #01 | chez Nathalie

#40 jours #02 | portraits de nous

Pas de listes, des portraits comme des âmes quand un peintre au nom d’épice affirme que son rôle est d’effacer les couleurs constellant la toile blanche pour faire jaillir la peinture, quand il m’emporte vers Charleville-Mézières, sa ville natale, pour, enlevant tout des décors, des architectures, des murs, des lieux, livrer une fresque humaine,hyperréalisme en totale rupture d’avec ses toiles, éléphants, Continuer la lecture#40 jours #02 | portraits de nous

40 jours #01 | de retour dans le Nord.

Petit point bleu au milieu du lit, petit point bleu au milieu du blanc, petit point bleu à côté d’un autre petit point bleu, deux petits points bleus et du blanc dans l’interstice, serrés, uniques, trois petits points bleus et du blanc, quatre, cinq, six, dix huit, quarante deux, petits points bleus dans le blanc éclatant, éclatant du drap étincelant, Continuer la lecture40 jours #01 | de retour dans le Nord.

#40jours #01 | ouverture de l’espace

timbre-poste : le cadre c’est la rouille, la dent du temps, dedans à plat le flanc de la colline, les taches alignées des oliviers, encastré le ciel dans le tiers resté, d’autres cadres, aux côtés, nuances de gras, d’opaque, enfilade de filtres, puis la tranchée en trapèze de l’embrasure, le tuf et les trainées de salpêtre comme sperme mais de Continuer la lecture#40jours #01 | ouverture de l’espace