#40jours #39 | trajet d’enfant

De l’école primaire jusqu’à chez mes parents. Une bonne demi-heure de marche à travers les rues de la ville, de celles qui lentement s’évaporent du centre vers une idée très citadine de la campagne. La banlieue. Parce que je ne garde en mémoire que les retours, à midi et le soir. Pas de cantine à mon école, pas quand j’y Continuer la lecture#40jours #39 | trajet d’enfant

#40jours #double | Quitte ou double

Je suis assise en train de lire un livre à l’ombre d’un arbre du jardin du Luxembourg. Un homme s’approche de moi, je ne sais pas ce qu’il cherche, un appui, un conseil, s’il a besoin d’aide, est-ce qu’il souhaite que je lui indique son chemin, que je l’aide à sortir de l’impasse dans laquelle il a l’air de se Continuer la lecture#40jours #double | Quitte ou double

#40jours #double | les autres Finistères

Sein, je reviens vers Toi, tu m’étonnes à nouveau. Posée sur l’océan, « comme crêpe de dentelle » dit-on parfois, minuscule, 2 kms en ta longueur, et là justement en ce resserrement de toi où j’écris, langue de terre d’une trentaine de mètres, les jours de tempête, de grandes marées, les vagues te submergent, tu disparais. Toi, presque rien, un Continuer la lecture#40jours #double | les autres Finistères

#40jours #38 | pantin limites

Ils disent : « Ici c’est Pantin-sous-Bois, là-bas Pantin-sur-Seine » Le bois dont ils parlent est un espace sombre, mal éclairé, un bois de Méchant Loup. La Seine n’est pas la Seine. Ils parlent de Seine pour dire « Paris ». Parce qu’ici on n’est pas à Paris. Paris on y accédait par le tunnel qui a été muré. Paris on y accédait en enjambant Continuer la lecture#40jours #38 | pantin limites

# 40 Jours # 39 | Une enfance de fille

On est en Espagne en 1936. La guerre civile est sur le point d’éclater, et ma mère est une mauvaise pauvre. Une mauvaise pauvre est une pauvre qui ouvre sa gueule. Ma mère , le 18 Juillet 1936, ouvre sa gueule pour la première fois de sa vie. Elle a quinze ans. Elle habite un village coupé du monde où, Continuer la lecture# 40 Jours # 39 | Une enfance de fille

#40jours #35 | ville-béton

Ca sent le bitume chaud le goudron cuit la poussière de chantier qu’on emmène chez soi quand on se déplace à pied ou à vélo. On salue les ouvriers au passage et ça donne du cœur à l’ouvrage un peu d’humanité dans tout ce vacarme et cette chaleur et cette lutte avec la matière car quand on y pense quel métier Continuer la lecture#40jours #35 | ville-béton

#40 jours #39 La GS break et les éléphants roses

À la joie du départ venait dès les premiers kilomètres se superposer l’angoisse des virages, la nausée latente, présente du premier au dernier kilomètre. Il fallait fermer les yeux et imaginer des éléphants roses. Cette image accompagnait chaque trajet, elle était la seule à pouvoir faire diversion sur l’envie de dégueuler qui s’installait à chaque fois, surtout à l’époque de Continuer la lecture#40 jours #39 La GS break et les éléphants roses

#40jours #38 | quand ce qui sépare ne se voit pas

Frontières, ce qui sépare, visible ou invisible, tangible, que l’on ressent depuis le corps d’enfant, ce qui la sépare elle de nous, ce n’est pas l’accent, ce n’est pas l’affection dont elle entoure le bébé, c’est le lien de  famille, une histoire d’être de sang ou pas, c’est ce que l’enfant croit longtemps | ce qui sépare elle d’elle de Continuer la lecture#40jours #38 | quand ce qui sépare ne se voit pas

#40 jours #39 | la tante qui pique

J’ai appris bien après qu’elle attendait toute la journée, dès l’aube. Elle se levait tôt, toujours, même en été quand le soleil fait la nuit courte. Mais ce jour-là, le jour de la visite, elle attendait et les heures étaient longues, même en s’occupant, à faire sa toilette, à se brosser longuement les cheveux, à les rassembler dans un chignon Continuer la lecture#40 jours #39 | la tante qui pique