#atelier|paysage, image phrase|Nuit

Le béton anthracite des buildings. La lumière partout, les bandeaux publicitaires aux néons bariolés déroulant la verticale et allongeant l’horizontale, les vitrines, phares aveuglants, inondant le trottoir, les couleurs criardes, tantôt clignotantes souvent paralysantes, crues et impudiques, si omniprésentes que la nuit oublie d’en afficher ses étoiles, renie l’espoir d’une aube, s’éternise. Le boulevard est insomniaque. La foule sans fin couche Continuer la lecture#atelier|paysage, image phrase|Nuit

#techniques #02 | la chambre petite

Verte et rêche, la couverture militaire qui recouvre à peine le lit, est trouée par endroits, mitée et brûlée par les cendres d’un cigare toscan — le marbre blanc de la haute commode garde les traces des colles, des peintures, des vernis dont les boites et les pots sont alignés là, contre le mur au papier peint jauni, avec parfois Continuer la lecture#techniques #02 | la chambre petite

#technique #02 | Olivier le patron du bar peint des marines à l’aube

Venelles. Longues fleurs : roses girafes. L’amer entre ciel et port, sa flèche noire-blanche-douce-amère en dentelle de pierre : hier. L’éclair d’une jetée (enfances) avec la grande lessive de septembre remontant la dune. L’immensité portée en seau. Un repas de sable et de coquillages? Dans les oyats l’immortelle safran. Le pin décharné. À dos de bicyclette l’océan ; le ciel rose. Continuer la lecture#technique #02 | Olivier le patron du bar peint des marines à l’aube

#techniques #01| le sentiment de la faim

Le sentiment de la faim, le sentiment du sucre, de la noisette, le sentiment du cru, de ce qui croque, qui croustille et qui craque, le sentiment de la morsure, de la mâchoire qui broie, des glandes salivaires, de la crue, c’est que l’objet n’est pas pensé, pas présent, c’est qu’il est goûté, c’est qu’il est remémoré, c’est qu’il est Continuer la lecture#techniques #01| le sentiment de la faim

#voyages #06 | Les vieux ne répondent pas toujours aux questions

– Je lis tant d’histoires, je vois tant de films que de ce profond sentiment, il ne me reste pas grand chose, s’étonne la jeune fille. On dirait que tous les mots passent à la moulinette et ne reste qu’une bouillie entre deux coupures publicitaires. Dis-moi vieillard, à quoi te sert d’avoir aimé ?– Il me sert à sentir le Continuer la lecture#voyages #06 | Les vieux ne répondent pas toujours aux questions

#techniques #02 | Au vol inverse

Fouillis des toits, pigeonniers, terrasses et plateformes. Pointes, aplats, triangles. Le drapeau sur les hauteurs. Rouge. Des surfaces, les bords épais, baveux dans le crépuscule. Les ordures fuient à chaque étage des sacs éventrés. En contrebas la file lente et dispersée de camions. La fumée âcre, chaude, enveloppante. A l’arrière, les églises dans le creux de la roche, la masse Continuer la lecture#techniques #02 | Au vol inverse

#techniques #02 | Phrases du lac

L’étendue liquide. Interdite. Avec tout ce qui l’entoure. A la surface, les ondulations miroitent dans l’impression d’une brise renouvelant sans cesse la surface. Impossible d’en faire le tour. Trop d’ombre sur les bords éloignés, les branches des cèdres plongent dans l’eau pour y poursuivre à l’envers leur croissance. Longues marches de marbre verdi pour descendre dans le lac et rejoindre Continuer la lecture#techniques #02 | Phrases du lac

# Ateliers. Rimbaud hors la ville/

/ Vert sans uniforme, gazons, prairies fleuries, herbages pointillés de vaches blanches, céréales champs déjà hauts ; haies découpant, cisaillant de sombre, dessinant les formes d’un bocage, d’un cadastre lisible, arbres disséminés, troncs enfouis dans les haies ; clôtures de fils tressés, aux seuls pieux visibles, renforcées aux angles, planches plus claires, jambes de force. Un relief étiré, longues collines Continuer la lecture# Ateliers. Rimbaud hors la ville/

#techniques #01 I Le sentiment de la peau qui se hérisse en chair de poule

Le sentiment de la peau qui s’hérisse en chair de poule, peau qui t’échappe, qui s’échappe en grains de liberté, tendant vers d’autres espaces-temps, attraction minuscules ventouses en tête d’épingles, nées de l’inconfort aussi bien que du plaisir, suivant la peur ou la tentation, sentiment à fleur de peau, peut-être d’ailleurs affleurement de désirs d’être effleurée, lissée caressée, peau trahissant Continuer la lecture#techniques #01 I Le sentiment de la peau qui se hérisse en chair de poule