#voyages #prologue | voyage image

D’abord, c’était la lumière, un matin, l’été, Port Arthur, Tasmanie. C’était, mêlés, échappements, klaxons, odeurs des essences. C’était des villes passées, j’y étais allé, ponctuation des souvenirs. Durban, face battue par les vents australs virgule Harare où j’étirais mon cou pour saisir le monde jusqu’à Madagascar virgule au bord du Malawi, Mangochi, le couchant dans le dos en moi deux Continuer la lecture#voyages #prologue | voyage image

#voyages | Qu’il fasse jour en pleine nuit, c’est le propre de l’éveil

C’est le jour d’avant, le jour d’avant le retour. La fatigue s’est installée dans chacun des muscles, dans la tête et dans les yeux qui se plissent, piquent et ne supportent plus cette clarté permanente. Il est trois heures du matin et les rideaux légers de la chambre d’hôtel ne filtrent quasiment rien du soleil qui cogne là dehors. Des Continuer la lecture#voyages | Qu’il fasse jour en pleine nuit, c’est le propre de l’éveil

#voyages | Ricochets

J’étais à Prague en 1992 quand c’était encore la capitale de la Tchécoslovaquie. Mes parents avaient dit « on part en vacances en Tchéco ». On parlait des « anciens pays de l’Est ». Il fallait un passeport pour passer la frontière, de la patience aussi. Je traquais les traces de soviétisme dans les rues. Les premiers jours, nous choisissions au hasard des plats Continuer la lecture#voyages | Ricochets

#voyages #01 | two in one (room 22)

C’est en aout vers la fin de l’été, est-ce important pour l’histoire ? C’est après le 15 : je crois vraiment que c’était le 17 et qu’avant de quitter la maison il y avait eu une inondation dans la cave (partir seule avec deux billets est une chose qui a vraiment existé dans la fiction). C’est en août que c’est arrivé dit-elle. En Continuer la lecture#voyages #01 | two in one (room 22)

Le double voyage | mind the gap

Clapham, clapham, attention à la bordure du quai, tirant mes valises du tube, je descendais vers Battersea, le nez porté vers les cheminées, Candahard road, l’indien vendait aussi les médicaments, sur l’autre rive, cette rue qui n’en finissait pas à recenser tous ceux qui s’y trouvaient, the end of the world, tu vendais des seins de Venus A la gare Continuer la lectureLe double voyage | mind the gap

le double voyage | Valises béantes

Impossible de préparer une valise en avance. Remarques, conseils, moqueries. Les préparatifs sont déjà de l’ordre de la socialisation, voire de la normalisation. Personne pour comprendre l’angoisse de la valise fermée bien trop tôt, des choses à faire déjà trop faites, « emballé, c’est plié, pesé, bouclé »; Ta gueule! Tais-toi, laisse moi dormir, dernière nuit avant départ.  Vivre dans les entre-plis, dans Continuer la lecturele double voyage | Valises béantes

le double voyage | Prologue

J’ai oublié ce qu’il s’est passé dans ce bar du Golden Gai que j’ai trouvé en pataugeant longtemps dans les douves de taule de Shinjuku, oublié ce que ça faisait d’attendre les échos du Mellah qui viennent à Tinghir avec le vent du soir, j’ai passé la nuit à chasser le pardon dans un hangar de Flushing, un de ces Continuer la lecturele double voyage | Prologue

le double voyage | de ma vallée

de ma vallée, à des périodes différentes, selon les jours, tendres ou acides, je voyais les sentiers pentus des Andes dans le brouillard et la lumière rare souvent diffractée à travers les fenêtres du monastère où trônait une cheminée d’hypnose, je voyais la montagne claire Sainte Victoire enroulant autour de mon cou et, comme l’avait dit Robert Walser au sujet Continuer la lecturele double voyage | de ma vallée

le double voyage | transports

A pied, en autocar, en métro, en bus, en bateau, en avion… Sur un voilier au large de Hiva Oa, j’ai connu le mal de mer et le poisson cru. Dans un bus au pied du Popocatepetl, j’ai vu monter à la nuit tombante une jeune fille aux escarpins rouges sortie d’un bidonville. Dans le train pour Chihuahua, j’ai écouté Continuer la lecturele double voyage | transports

le double voyage | syllabes du bout du monde

J’étais à Barentsburg, ville gelée, abandonnée des hommes, 78 degrés de latitude nord, faisant face à un buste de Lénine. J’étais à Longyearbyen, ville où l’employé de l’hôtel me retint par le bras m’expliquant qu’il me fallait prendre un fusil si je sortais me promener, à cause des ours. J’étais à Sarnes, village maudit, le long du Porsangerfjord, où se Continuer la lecturele double voyage | syllabes du bout du monde