#40jours #32 | bribes de bibliothèque

Ballade dans Londres | c’est le soir | il croise un inconnu qui ressemble à son amour | il baisse les yeux | il est question régulièrement de cosaques Zaporogues | lui sait des lais pour les reines | une femme dont il est séparé | comme une chanson avec refrain « …la complainte de mes années » | il marche, il Continuer la lecture#40jours #32 | bribes de bibliothèque

#40jours #34 | au bord de l’océan

Elle n’avait jamais été la rivière apeurée. Enfant, jamais elle n’avait craint d’entrer dans la mer. Dans l’océan, elle était poissons et mammifères à la fois, algues, vagues, phoques, coquillages, embruns, libre. L’eau était sienne qui prenait possession de son corps tout entier offert. Lui, son contraire, avait peur de l’océan et, sournois, le cachait. Plus âgé qu’elle, il jouait Continuer la lecture#40jours #34 | au bord de l’océan

#40jours #34 | Jardin secret

En fait, la chose est remontée, inattendue, à la lecture de la proposition. Elle n’est pas remontée telle quelle, c’est ce qui est étrange en fait. Elle s’est imposée à travers le récit qui suit, au contact même de ce que soulevaient les indications liminaires. Et donc le récit est exactement l’empreinte de la chose. Pour s’approcher encore, on pourrait Continuer la lecture#40jours #34 | Jardin secret

#40jours #34 | lueurs

« J’ai passé des nuits à photographier la barre des Gentianes avant sa démolition. Les images transférées sur l’ordinateur ont le flou et le ridicule des photos d’ovnis qu’on voyait dans les journaux quand on était gosses. Une tache plus claire. Un zigouigoui. Une larmichette. Ce dont j’ai été témoin huit semaines durant était insaisissable. Pourtant quelque chose s’est passé. Chaque Continuer la lecture#40jours #34 | lueurs

#40jours #34 | Ex Voto livre d’or

Amalia n’aimait pas monter au grenier. L’accès par un escalier de bois trop raide et poussiéreux indiquait déjà la différence d’ambiance par rapport aux pièces d’en bas. L’odeur elle-même devenait immédiatement étrange, étrangère, comme venue de temps anciens qu’elle n’avait pas connus ou trop connus justement. C’est là qu’on étendait les draps en hiver pas trop souvent. Une grumeleuse pluie Continuer la lecture#40jours #34 | Ex Voto livre d’or

#40jours #34 | fond de jardin

L’année de ses douze ans peut-être, loin en arrière, sorte de niche au sortir de l’enfance. En fait il y a plusieurs instants de même nature dont elle pourrait s’emparer et fouiller. L’un avec la grand-tante, l’autre avec le frère, l’autre avec les chiens, tous -assemblés en cette même heure, durée d’une visite en ce village où son père a Continuer la lecture#40jours #34 | fond de jardin

#40 jours #34 | Le pneu

Il y en avait toujours deux ou trois qui trainaient dans le jardin, il avait d’abord fallu en choisir un, le plus léger, le vider, pas de sa chambre à air cela avait déjà été fait — ce pneumatique ne pouvait plus respirer — mais de l’eau qu’il contenait encore, même s’il n’avait pas plu depuis trois jours, avec une Continuer la lecture#40 jours #34 | Le pneu

#40jours #34 | L’étrangeté de l’immédiat

Au fond de la propriété de nos voisins qui délaissaient leur jardin pour ne vivre que du côté rue, à l’opposée de chez nous, une vieille fosse de compostage était négligée depuis longtemps. Le jardin n’était plus entretenu, à l’abandon. À l’automne, les nombreux arbres du parc perdaient leur feuillage roux en abondance, le sol était régulièrement recouvert d’une épaisse Continuer la lecture#40jours #34 | L’étrangeté de l’immédiat

#40jours #33 | soleil cou coupé

Inquiétude : À cet instant un jardinier coupera les iris. À cet instant la mère éteindra la radio. À cet instant le soleil se calera au zénith. À cet instant un enfant cessera de pleurer. À cet instant l’ombre s’enfuira. À cet instant la neige remplira l’écran. À cet instant tes paroles resteront suspendues. À cet instant le repas de Continuer la lecture#40jours #33 | soleil cou coupé

#40 jours#33 | Nominations

La foule court. Trains supprimés au dernier moment. C’est le dernier. Monter comprimés. Espérer rentrer chez soi. Inquiétude. Gare nocturne, dans une ville accueillante et vigoureuse. Salle des pas perdus, arrivée tardive. Confiance. Une auto-stoppeuse peace – and- love va rejoindre un camp d’été. Trois hommes lui proposent de l’emmener. Ses bagages dans leur voiture. Et ça roule dans la Continuer la lecture#40 jours#33 | Nominations