#anthologie #25 | bouquet de hasard

L’odeur de la laisse de mer au petit matin, nez qui picote et aigreur ronde et riche. L’odeur de la poussière dans le rayon filtrant entre volets entrebâillés aux heures chaudes. L’odeur de mon renvoi de peine froide en pensant ton absence. Les odeurs que j’ai oubliées, celles que vous aviez. L’odeur de ta pipe, mon Père, de celles dont Continuer la lecture#anthologie #25 | bouquet de hasard

#anthologie #25 | liste olfactive

Les dimanches ce que je préférai quand nous arrivions rue de Steinkerque c’était l’odeur de cave dans le hall, plus marquée dans le petit recoin sous l’escalier où je me cachais pour faire peur à mon frère, et qui s’éventait à mesure que nous gravissions les cinq étages. Quand nous arrivions rue Legendre, et qu’il fallait se laver les mains Continuer la lecture#anthologie #25 | liste olfactive

#anthologie # 25 | pot-pourri

Rarement :  quand les feuilles tombent et que leur décomposition engendre l’humus, certaines fois, en forêt, peut-être aux parages des chênes, un parfum exquis. Il suspend tout le reste. Quand je te l’ai dit, tu as répondu : tu rêves tellement. Et un jour, dans les bois humides, tu t’es arrêté net : c’est vrai, je viens de le sentir odeur de sainteté : Continuer la lecture#anthologie # 25 | pot-pourri

#anthologie #24 | sommeil et li(t)s

Quand elle ou lui vers la fin sombraient dans le sommeil, tout se mélangeait en moi : il me les prenait, je lui en voulais, mais en même temps tous deux pouvaient, grâce à lui, prendre peut-être un peu de repos. Ils récupèrent, disaient les auxiliaires qui savent. Et moi, je pensais que l’un comme l’autre s’échappait, faisant des incursions dans Continuer la lecture#anthologie #24 | sommeil et li(t)s

#anthologie #23 | en pensant à D

A l’intérieur de la soucoupe plongeante. Comme dans un calamar accueillant. Allongée sur un matelas. Pour observer tranquillement en descendant Le passage d’une strate à l’autre ne se voit pas tout de suite. La lumière traverse encore les épaisseurs bleues mais tout est doux, fluide. C’est comme une respiration. Eau aspirée, eau rejetée. On voit passer les formes vivantes et Continuer la lecture#anthologie #23 | en pensant à D

#anthologie #22 | à la place de l’archange

Celle de tous les rendez-vous. Logée au cœur de la ville avec sa grande statue guerrière au doux visage. Une trouée. Plate-forme donnant sur le boulevard qu’on traverse pour d’un côté emprunter la rue de la Buchette ; de l’autre la rue Saint-André-des-Arts. Ou alors longer le pignon en remontant le boulevard. Ou laisser derrière soit la plaque tournante pour aller Continuer la lecture#anthologie #22 | à la place de l’archange

#anthologie #21 | quatre avec notes

Il y en a quatre. (1) Quatre photos. J’ai bien compté. Et recompté. Quatre prélevées dans de vieux albums. Quatre regroupées dans le grand album vert. Quatre de toi entre un et huit ans (2) — deux fois quatre. Quatre comme nous quatre (3). Ceux que tu as mis au monde. Quatre comme l’âge de ton arrière-petite fille qui te Continuer la lecture#anthologie #21 | quatre avec notes

#anthologie #25 | L’odeur de mort est couleur de bleu

Par quel processus le cerveau d’un individu peut-il tenir éloigné de lui la perception d’un cadavre, et surtout son odeur ? Comment peut-il mettre tant de temps à identifier l’insoutenable univers olfactif qui gît devant lui ? Combien de temps un fils peut-il cesser de respirer devant le corps de sa mère allongée sur son lit, les pieds dans l’eau, Continuer la lecture#anthologie #25 | L’odeur de mort est couleur de bleu

#anthologie #23 I téléportation

Son appartement n’était pas bien grand mais il permettait d’accéder à tous les quartiers importants de la ville. L’entrée était étroite et sombre, un grand miroir en repoussait les limites. Une foule de portraits en noir et blanc de part et d’autre sur un mur parcouru de fissures. A gauche, une ouverture sur le vif du sujet. A droite un Continuer la lecture#anthologie #23 I téléportation

#anthologie #19 | album photo

madame Gatounes, la maîtresse de l’école maternelle, classe des écureuils, au haut chignon roux

l’affiche  de Renaud punaisée sur la tapisserie de la chambre et recouvrant tout un pan de mur avec ces mots, la chetron sauvage

la photo d’un enfant, toujours la même, à chaque journal télévisé, cheveux bruns, un peu longs, bouclés, un prénom, un regard et qui réapparait des dizaines d’années plus tard, même photo, mais la coiffure, le vêtement signent une époque révolue. Et jusqu’au prénom. Grégory
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