#anthologie #38 | Léonie 6

Ce jour-là vous êtes arrivés au champ à six heures du matin, le soleil tape ces derniers jours et vous voulez ramasser les pommes de terre avant que le soleil ne soit trop chaud. Tous vous étiez là, le père, la mère, le grand-père, le frère et les deux ouvriers de la ferme. Vous remplissez les grands paniers avant de Continuer la lecture#anthologie #38 | Léonie 6

#anthologie #36 | Ralentir ta peau

C’est la chaleur qui étire la scène, l’allonge comme on étend un corps dans l’ombre. Sa mémoire déplie un à un les éléments de sa silhouette : le pied en arc, legs des heures de danse, les cuisses enflées qu’elle bat rageusement chaque fois qu’elle les fixe, le bronze de son ventre, les poignets affolés, la maladresse écarlate des ongles à Continuer la lecture#anthologie #36 | Ralentir ta peau

#anthologie #39 | Annoncer la couleur

Pour la mer qui se prend, par les larmes, à sécher Bouteille à la mer On dirait qu’on jetterait une bouteille à la mer, une bouteille qu’on aurait, avant de la fermer le plus hermétiquement possible, remplie à ras bord de tous les mots de la mer qu’on ferait naviguer, une bouteille qui un jour, dans un mois ou des Continuer la lecture#anthologie #39 | Annoncer la couleur

#anthologie #36 | le temps qu’un cheval batte la queue

« Le temps qu’un cheval batte la queue », disait le grand-père, quand les autres parlaient d’éclair.Assise sous le pommier, car debout je ne tiendrais pas le temps que les laquais harnachent le cheval pour la parade de Lugnasad. Les pendeloques sont d’or, la pierre de jade sur le front de l’animal est le signe ancestral du dieu, le bandeau que l’on Continuer la lecture#anthologie #36 | le temps qu’un cheval batte la queue

#anthologie #39 | Collection de politesses

Ma collection s’est construite lentement au début il y avait Bonjour et Merci. Je ne pensais pas à en faire une collection. Puis est venu hello et thank you. Ce n’était toujours pas une collection. Grâce au collège Priviet приветствие et Spacibo СПАСИБО se sont ajoutés, l’autre moitié de la classe apprenait l’allemand c’est ainsi que Guten Morgen et Danke Continuer la lecture#anthologie #39 | Collection de politesses

#anthologie # 26 | Bruits et voix sont des pensées

Joséphine referme le tiroir de sa table de nuit. Le geste est lent, non pas à cause de la fatigue omniprésente à son âge, mais comme si par cette lenteur elle pouvait faire durer l’instant, retenir les souvenirs. La pulpe de ses doigts effleure le bois, le tiroir est fermé, sa photographie d’antan est à l’abri des regards indiscrets. Près Continuer la lecture#anthologie # 26 | Bruits et voix sont des pensées

#anthologie #36 #37 | Epaissir l’histoire de Léonie

1 – Au début de mes recherches sur la guerre de 14-18, et mes diverses tentatives pour écrire l’histoire de Léonie, je vis cette affiche. J’imagine alors en la voyant les émotions qui ont dû te traverser. Je savais que tu l’avais vue, elle était affichée dans toutes les mairies de France. Tu avais quatorze ans, stupeur, inquiétude, terreur t’ont Continuer la lecture#anthologie #36 #37 | Epaissir l’histoire de Léonie

#anthologie #39 | la vie d’avant

Le premier costume pour la communion. On a tourné dans toute la ville de l’Aquila. On avait trouvé un beau costume avec un pantalon trois-quart. On nous en demandait six mille lires. Ma mère n’avait que trois mille lires. Elle a dit : “Je n’ai que trois mille lires”. Lui a répondu : “Non, il n’est qu’une heure pas trois Continuer la lecture#anthologie #39 | la vie d’avant

#anthologie #23 | Aven Armand

Une gare. Une gare spéciale, départ pour un voyage spatio-temporel. En attendant dans ce hall de gare, vous pouvez visiter une exposition qui vous parle des lieux et de leur histoire, un espace de vidéo pour découvrir le paysage du Causse Méjean, sa beauté et ses particularités, et une boutique de souvenirs pour prolonger ce voyage. Un voyage sous terre. Continuer la lecture#anthologie #23 | Aven Armand

#anthologie #37 | La première lettre

L’oncle Gelsino, il était chauffeur de bus. Des premiers bus. Il avait un pistolet, un petit pistolet. J’étais gamin. Il est parti en Amérique. Il est revenu. Il est parti en Argentine. Pendant quarante ans, il n’a plus écrit. On n’avait pas de téléphone à cette époque. Après la guerre, c’était en hiver, il y avait de la neige. On Continuer la lecture#anthologie #37 | La première lettre