autobiographies #14 | disparitions

Ce qui me file entre les doigts. Cette affiche dans le métro où il est inscrit: J‘ai pensé à vous l’espace d’un instant mais quel espace dans cet instant, et qui laisse songeuse pendant tout le trajet, l’infinité de l’horizon de la mer et de son coucher de soleil du haut de la bonne garde à Marseille, la sensation d’être Continuer la lectureautobiographies #14 | disparitions

autobiographies #13 | épiphanies ELLE cette voix

Mon souvenir d’Elle devant son miroir, essayant ses chapeaux, impatiente : « Dis lequel, dis ? » Elle, cette voix impatiente quand elle s’intéresse à sa toilette. Dis lequel, dis, avec mon tailleur gris ? Ce feutre en velours bordeaux ? Cette capeline ? Elle s’irrite de ne pas recevoir de réponse. Le ton de sa voix monte dans les Continuer la lectureautobiographies #13 | épiphanies ELLE cette voix

autobiographies #13 | Purée jambon

C’était… c’est comme quand le matin, tard ; se réveiller, se lever ; encore un peu, au chaud ; c’est l’heure depuis longtemps, faut se lever ; elles sont là, dans l’autre chambre ; là, à côté ; elle lui parle ; il est tard, faut se lever ; « Allez allez, pas d’histoire ! » ; le petit lit en fer qui grince, l’ahanement de la mère Fissou qu’elle relève, et Continuer la lectureautobiographies #13 | Purée jambon

autobiographies #13 | les chutes d’Iguaçu

Sa voix à elle dans ta chambre à toi au bout du monde. C’est bien avant le smartphone, les appels par wifi. Je suis passée par le standard de l’hôtel avec mes quelques mots de portugais, j’ai demandé ta chambre dans l’hôtel où tu m’avais dit que je pourrais te joindre, le seul du voyage avant la promenade aux chutes Continuer la lectureautobiographies #13 | les chutes d’Iguaçu

autobiographies #06 | Taxi brousse

Le rythme lancinant et obsédant nous avaient saisis dès les premières heures de ce long voyage dans ce minibus antique dont le fonctionnement relevait du miracle, le ballet des têtes et des bustes dodelinants au rythme de l’avancée du taxi brousse traduisaient l’état d’une route en terre et en pierres faites d’ornières, de trous et de lits de rivières à Continuer la lectureautobiographies #06 | Taxi brousse

autobiographies #13 | moi Julien E.

Je viens d’arriver ; je suis arrivé depuis peu ; je ne suis pas là pour longtemps ; je les vois ensemble ; je le vois seul ; je me sens désemparé au milieu d’eux dans cet ensemble de béton déprimant ; je, vit entouré d’âmes solitaires qui se croisent sans se voir, enfin si, du coin de l’oeil ; Continuer la lectureautobiographies #13 | moi Julien E.

autobiographies #12 | postiches

Nichée dans un parpaing cassé. Un vieil escabeau en bois et vieux fer rouillé. Un long bambou comme on s’en servait pour improviser une canne à pêche. Dans le trou une boite. Une boite en très mauvais état, attaquée par la rouille. Sous la loupe des caractères verts foncés sur un vert plus clair, peut-être un R et un I Continuer la lectureautobiographies #12 | postiches

autobiographies #12 | dislocation

Cela participe de la dislocation d’un être, des facettes qu’il reste de lui, qu’il a bien voulu laisser appréhender, ou de ce que je souhaite garder en souvenirs. Ce qui se détache en premier c’est le presse-papier , cette boule en verre, très lourde pour mes mains d’enfant, garnie de filaments de couleurs qui s’entremêlaient comme des routes, non des Continuer la lectureautobiographies #12 | dislocation

petit point info de fin de trimestre

J’insère ici copier-coller du point d’info diffusé à l’instant sur le #Patreon, avec le replay du Zoom de lundi dernier, mais avec quelques compléments – et c’est bien entendu ouvert à débat, réactions, suggestions… cher.e.s, • je mets en ligne comme à l’accoutumée, pour qui voudrait revoir ou qui n’a pas pu participer, notre échange zoom, toujours si riche et Continuer la lecturepetit point info de fin de trimestre

autobiographies #01 | Champs de visions

Un champ. De l’herbe, rien que de l’herbe. Des feuilles d’herbe, des tiges d’herbe, des fleurs d’herbe. Du pissenlit peut-être. Le ciel bleu, il fait chaud. C’est l’été. C’est toujours l’été. Assis. Rêver. Rire. Le champ est est en pente. Le monter. Aller au plus haut. Pas possible d’aller plus haut, après c’est les broussailles, la route. Se mettre en Continuer la lectureautobiographies #01 | Champs de visions