autobiographies #03 | bouger

Arbre, quelque chose de toi me poursuit : tu n’as pas de jambes. Tu sais que tu es facilement assimilé à l’humain, tes branches-bras, tes brindilles-doigts, les visages dans tes nœuds, dans les creux, ta silhouette courbe de géant dans la brume. Pour achever l’illusion anthropomorphique, tes racines sinuent à la quasi-surface de la terre, n’arrivent à y pénétrer qu’en agrippant, Continuer la lectureautobiographies #03 | bouger

autobiographies #03 | lignes de l’arbre

Arbre, j’aime ton ombre projetée sur la surface/peau d’un mur, d’un paravent, d’un rideau. Un écran clair assez, pour accueillir, en silhouette de gris, un bout de branche, éclairé en deçà. Parcellaire reproduction du réel, rendu au noir et blanc dans une forme dénudée, un bout de branche d’une douceur, d’une simplicité, délicates. Quand l’original est fleuri, riche de couleurs, Continuer la lectureautobiographies #03 | lignes de l’arbre

autobiographies #04 | le bureau

Seules ma grand-mère et sa soeur ont vécu plusieurs décennies à la même adresse. Au grès de mes déménagements, j’ai continué de leur écrire. Ce sont les seules adresses que je connais par coeur. Impasse des marées, une route de graviers quelques mètres avant le Bassin, une maison de bois construite à la main par son mari et ses fils. Continuer la lectureautobiographies #04 | le bureau

autobiographies #04 | Marseille d’enfance

Sur l’étagère où trône le téléphone, était attaché par une cordelette le carnet d’adresses des mes parents. Pas question de l’égarer ! J’aimais le feuilleter. Ici et maintenant je le feuillette en pensée à la recherche de lieux perdus, égarés dans un temps lointain. Marseille, 8 rue Bernex. La rue Bernex relie le boulevard de la Madeleine au boulevard Longchamp. Continuer la lectureautobiographies #04 | Marseille d’enfance

autobiographies #03 | être

Caresse du vent, du souffle de vie. Je suis celui qui regarde au loin cherchant le sol où je me tiens.Je suis celui qui chemine immobile. Je suis puissance fragile.Je suis celui qui n’a pas les mots mais le langage.Je suis jeune de tout l’avenir.Je suis vieux de tout un passé.Je suis un seuil à ne pas franchir.Je suis au Continuer la lectureautobiographies #03 | être

autobiographies #03 | trois arbres après incendie

Ce sont des arbres de 1971, la date exacte doit figurer au dos, en tout cas des arbres de ces années-là, des arbres pas vraiment de son âge, des arbres gravés à la André Jacquemin, même si on pense aussi aux trois petits cochons, sauf qu’en cette année 1971, le papa arbre la maman arbre et le bébé arbre habitent Continuer la lectureautobiographies #03 | trois arbres après incendie

autobiographies #02 | en passant

Luc Luc exposait dans l’auditorium de la médiathèque, lieu feutré. Il s’était habillé avec soin, artistiquement. Il y avait un monde fou venu voir l’expo et le rencontrer. L’installation vue-débattue, les invités, les officiels, Luc nous dirigions vers le buffet. Quelques cacahuètes et c’était tout. Luc alors, monta sur une table, retourna ses poches et théâtralement claironna « pas d’argent, pas Continuer la lectureautobiographies #02 | en passant

autobiographies #01 | pas plus

1956. AlgerIl y a une enfant assise sur le carrelage qui joue. Des mains la soulèvent brutalement, des bras l’emmènent sur le balcon où on lui montre les oiseaux dans le ciel. Dedans, ça sent le gaz. Regarde le ciel, regarde l’oiseau. Il y a une cage accrochée aux persiennes avec des canaris, elle croit. Elle se sent toute chose. Continuer la lectureautobiographies #01 | pas plus

autobiographies #04 | itinéraire bistre

Il n’y aurait que la nuit pour tisser un tel chemin… En sus, où l’introuvable Biscomte, même en écartant les ronces d’aujourd’hui et en essayant de déchiffrer la boite aux lettres rouillée, En sus qui porte comme une hauteur de noblesse. Eylie, qu’on atteindrait d’un jet de hillet, à condition de savoir où se tourner, Eylie d’en haut, Eylie d’en Continuer la lectureautobiographies #04 | itinéraire bistre

autobiographies #03 | Vous pouvez crever !

Maintenant qu’ils ont peur, ils prêtent attention à tout le non-humain, à cet autre d’eux qui survivra encore quand ils auront fini de tout ruiner. Ainsi de nous, les arbres, auxquels ils s’attachent désormais avec des liens trop tardifs pour être honnêtes. Le geste sincère d’un jeune humain qui enlace l’un de nous comme s’il trouvait enfin refuge au contact Continuer la lectureautobiographies #03 | Vous pouvez crever !