#L3 | Heureux comme un galet en pleine tendresse

La vague a l’arrêt, laisse de la mer figée, là, à mes pieds, le temps n’est plus à l’œuvre et les galets ne chantent plus. Ma peau encore humide, encore salée. La mer s’est figée, mais les gouttes d’elle se parlent. Le sel demeure intact, mais des cristaux murmurent entre eux. La plage de galet ne chante plus au rythme Continuer la lecture#L3 | Heureux comme un galet en pleine tendresse

#L3 | sous les pavés

En v’là un autre avec son bac à illusions sous le bras on le voit à son allure j’avais la même il y a deux ans de ça quand c’est moi qui me pointais en câlinant les orties il y en avait à l’époque je caressais les feuilles pour frimer le genre même pas mal pour épater qui on se demande Continuer la lecture#L3 | sous les pavés

#L3 Il est clair que le rêve n’ôte rien à la réalité

Tout ce bruit, les voitures la voix de l’enfant de l’autre côté ; je la vois parler à son crocodile vert, elle le tient à bout de bras devant son petit visage, tout entre dans mes oreilles, le rire du type, le rire de la femme et maintenant la petite au crocodile vert s’y met, elle me fixe avec sa bouche Continuer la lecture#L3 Il est clair que le rêve n’ôte rien à la réalité

#L3 De l’autre côté de la mangeoire

Une quarantaine d’années, des mains pour travailler dans des bureaux, pas ces crevasses, pas ce rêche, des ongles limés, des bras blancs, un homme de la ville, un étranger, un de ceux qui viennent chercher du lait et qui s’arrêtent avec les enfants pour regarder les veaux, mais celui-là n’a pas d’enfant, il a l’air perdu, il doit se dire Continuer la lecture#L3 De l’autre côté de la mangeoire

#L2 Elle marche, ce qu’elle ne sait pas

Elle marche sur l’asphalte blême d’une rue ensommeillée, plaçant un pied devant l’autre, mécaniquement. Elle regarde à droite puis à gauche, observe le ciel blanc comme s’il pouvait lui indiquer la bonne direction. Elle avance à l’instinct depuis plus d’une heure, entraînée par le bruissement des feuilles et le souvenir des ambiances qui vont et viennent du fond de sa Continuer la lecture#L2 Elle marche, ce qu’elle ne sait pas

L#3 | des monologues entre les langues et « le fait que »

rester sur ces rochers toujours pourquoi c’est pas possible vraiment je me demande pourquoi tout ça pas envie de continuer pas envie de travailler pas envie de me marier ma mère pas envie déjà y a moi puis des enfants les courses le travail non des problèmes j’en ai ma claque je suis fatigué j’ai pas envie j’pourrais juste me Continuer la lectureL#3 | des monologues entre les langues et « le fait que »

L#2 | Et puis le train est passé

À l’extérieur, la dalle humide gelée inerte. Dessous, les rails, la voie de chemin de fer recouverte de béton, et qui maintenant ne dit plus son nom. Les rails sont cachés, doublement scellés – direction Behobia. Simplement ce grondement sourd qui irrigue les vitrines des boutiques posées au-dessus, comme des cabines de poupées aux éclairages précieux et recherchés – et Continuer la lectureL#2 | Et puis le train est passé

#L2 | Une semaine sur deux

La porte découpée en forme de vague est toujours là. L’antivol à vélo qui relie la porte et le poteau également, mais maintenant il est vert, un vert de printemps anachronique au milieu des fougères du chemin, qui sont, elles, déjà passées à l’automne. Dans le jardin le petit arbre rabougri fait de l’ombre à un bac à sable. Seaux Continuer la lecture#L2 | Une semaine sur deux

#L3 | Deux minutes d’arrêt

C’est court deux minutes, attendre que ceux qui descendent descendent, que celles qui montent montent, attendre le coup de sifflet, le départ. C’est court mais suffisant pour voir une femme, immobile, sac à dos aux pieds, pivot des regards qui fixés sur elle semblent mettre le train en marche, elle devient celle autour de qui les trains tourneront toujours puis Continuer la lecture#L3 | Deux minutes d’arrêt