#P8 – pas cent ans

Tu occupes, dans le grand appartement (assez grand pour que le ménage de votre fils aîné le partage avec vous) qui fut votre dernier adresse – votre dernier achat, votre couronnement, bien plus haut que les abords du port –, la grande chambre, celle qui fait suite aux pièces de réception et s’ouvre sur le parc de Galland, et maintenant Continuer la lecture#P8 – pas cent ans

#P8 Toi de Tulle

Qu’est-ce que tu as fait Angèle, tu aurais pu avoir une autre vie, tout en la passant à Tulle. Quand on descend à Tulle, on croit descendre aux enfers dit-on. Toi, tu y as vécu l’enfer, l’enfer que tu as construit. Qu’est-ce qui t’a pris d’écrire toutes ces lettres? Tu l’as aimé? Tu aurais voulu en faire ton mari, qu’il Continuer la lecture#P8 Toi de Tulle

#P7 – Forêt sans soleil

La chambre d’hôtel douillette aux allures écossaises s’ouvre sur une mince et haute terrasse pavée de dalles gravillonneuses aux nuances sableuses. Une petite table de bar avec deux chaises en paillage plastique crème attendent sous la pluie que quelques fesses viennent se poser sur elle pour admirer la futaie au Sud ou de l’autre côté le versant ouest de la Continuer la lecture#P7 – Forêt sans soleil

#P7 se déploie la vallée

De la baie qui ouvre sur la vallée, effectuer un plan large sur celle-ci, un peu en plongée. Elle se déploie en une étoile qui suit les cassures des cours d’eau. Failles invisibles à l’œil, mais présentes, qui se laissent deviner par un mouvement de terrain, une élévation soudaine, un creux imperceptible, une ligne d’arbres ou une barrière de roches. Continuer la lecture#P7 se déploie la vallée

#P7 | Le marais

La conche présente un tracé rectiligne. De-ci delà, de petites ondulations discrètes animent la surface de l’eau. La lumière se fragmente et se déplace au gré du vent. Les troncs noirs, puis bruns s’éclaircissent sur le côté, là où la lumière, pénètre à travers les branches pour frapper l’eau. Frapper ? Non : oindre. Par endroit, un mélange d’huile et Continuer la lecture#P7 | Le marais

#P7 là-bas

La porte en bois ouvre sur la grosse pierre de seuil, large et lisse d’usure. En face, à quatre pas, le jardin potager et son grillage. Le sentier étroit, sur la gauche, caresse le flanc du jardin en longeant le muret de pierres sèches. Blanches avec leurs fines barbes de mousses foncées et les taches de lichen jaune clair, petits Continuer la lecture#P7 là-bas

#P5 | A bas bruit

Les murs métalliques vibrent, fondent et s’enfoncent dans le sol, ce sol qui s’ouvre et va m’aspirer. Si, il va m’aspirer. Il arrive à bas bruits, s’immisce, s’impose. Et alors le souffle se coupe, les mains deviennent moites. Le ventre se vrille, se tord, se retourne, rétrécit, il n’y a plus de ventre. Un point aigu et minuscule, une aiguille Continuer la lecture#P5 | A bas bruit

#P7 Le port de la Madelon

C’est le bout du monde. L’eau est à des centaines de mètres, au-delà de la lande. Elle arrivera ici tout à l’heure en remplissant l’étroit chenal, en bout de parcours. Deux bateaux attendent que la marée monte. Un canot à moteur, marqué OVNI en lettres bleues est presque couché. Un minuscule voilier lui fait face, de l’autre côté du Fliers. Continuer la lecture#P7 Le port de la Madelon

#P6 Jenniesque

Lundi  Il n’y a pas de tofu soyeux à la superette du centre de vacances. Le régime végétarien commence mal. Toutes les recettes lues -ou presque- vantent les mérites du tofu soyeux. Il faut dire que son nom fait sa réclame. Les gants que le saisonnier enfile pour servir le pain aux graines étonnent – est-ce cela le monde d’après ? Continuer la lecture#P6 Jenniesque

#P7 alalu

C’est une maison en bordure de route avec un très grand jardin un peu livré à lui-même mais pas tout à fait. Sous le toit, au deuxième étage, des petites fenêtres en meurtrière dans lesquelles on s’encastre pour regarder dehors et contempler. Au loin un tilleul déjà majestueux dépasse l’auvent du bassin. Il est rempli de fleurs blanches et on Continuer la lecture#P7 alalu