#P1 Du dehors à l’intérieur de moi

vu depuis une tente

derrière la toile, je sentais le vent, les herbes, les arbres, les bruissement, les sifflements, les hululements, la fraîcheur de la nuit contre laquelle j’essayais de lutter, j’avais les organes plein de soleil, j’étais peuplé du dehors,–les yeux grands ouverts, je regardais le vide, je comptais le trop ; le nombre de fois où, les chemins mal embarqués, les oublis, les Continuer la lecture#P1 Du dehors à l’intérieur de moi

P#1. Chambres intérieures.

Ce matelas une place et le sommier pas trop bon, le dépouillement commence là. Etrange cette petite chambre et si nécessaire à ce moment là. Un lit campagnard l’épais édredon et la cuisinière chargée pour tenir la nuit dans cette pièce unique d’une petite maison à mille deux cent mètres en hiver. Il fait très froid mais une grande béatitude. Continuer la lectureP#1. Chambres intérieures.

#P1 | miroitements

(innombrables lieux où j’ai dormi, voir ce qui vient) tout de suite odeur de draps sales – y avait-il seulement des draps ? –, tenace cette odeur de linge qui a longtemps servi dans lequel on peine à se coucher, moisi, odeurs corporelles, draps chiffon, draps de chambre d’étudiant où s’attarder rien qu’un bout de nuit sans importance étranges résonnances quand Continuer la lecture#P1 | miroitements

#P1 | les lieux où j’ai dormi

…le froid me réveille, il me tient éveillée, je me concentre pour le combattre, je lutte pour résister, je me demande si je vais réussir à supporter, l’angoisse monte… …enfant je partageais une chambre avec mon frère ainé, 2 lits superposés, je dormais en bas jusqu’au jour où j’ai voulu dormir en haut, je l’ai dit, cela a été accepté, Continuer la lecture#P1 | les lieux où j’ai dormi

#P1 | Sensations

cet hôtel en Espagne, enfant, extirpé du sommeil par les cris éclairés devant moi, je devine des corps. Un s’affaisse, perdant l’équilibre plusieurs fois, percutant les murs. Râles sourds, voix blanche de détresse. Je ferme les yeux sur cette image insaisissable, repoussant dans le sommeil ma détresse insoupçonnable. la chambre trop froide, le papier peint mal vieilli, éteint, une moquette Continuer la lecture#P1 | Sensations

Effacer la buée

1. le jour comme tracé de l’éclair dans la lézarde du mur contre le lit comme toucher du doigt le jour qui se lève. 2. le lit à baldaquin, rêve devenu oppression, les quatre torsades de bois travaillé, sculptés, métamorphosés dans la nuit en barreaux. 3. la buée sur la vitre en plus du rideau transparent pour barrer la vue, Continuer la lectureEffacer la buée

#P1 Fenêtres sur intérieurs

Les cris des martinets tournoient entre les fenêtres grandes ouvertes. L’air sec et chaud crève par vagues les rideaux écarlates qui teintent la chambre d’une intimité viscérale. Dehors, la lumière est si limpide que je peux distinguer au loin la ligne d’affleurement de la Méditerranée. Même les fenêtres fermées, le vacarme de la circulation jette la chambre au niveau du Continuer la lecture#P1 Fenêtres sur intérieurs

#P1 | Sommeil, soudain.

… mains immobiles sur le clavier je réfléchis et je réfléchis encore à l’avancée de mon travail une difficulté informe et insurmontable m’a fait stopper toute progression je m’en rends compte un peu par hasard car je reste sans rien taper sans rien avancer sans regarder combien de temps va savoir… Je me trouve dans une salle de cinéma à Continuer la lecture#P1 | Sommeil, soudain.

Des perles de chaleur partout sur la peau dégoulinent

… compressée entre un édredon en nylon orange seventies et des draps de flanelle blanc cassé réchauffés par une brique réfractaire, une brique réfractaire chauffée plus tôt dans la soirée sur un poêle à charbon, emballée dans une vieille serviette en éponge, rêche, usée, aucun danger à l’horizon, si ce n’est le regard clair de Claude François, pris dans un Continuer la lectureDes perles de chaleur partout sur la peau dégoulinent

Nuits en friches

Cent neuf, cent dix, cent … les nœuds du lambris pour voie lactée, comptés comme des moutons qui bêlent les jours de grand vent et veillent l’œil ouvert sur des rêves vacillants Les deux rideaux tirés au cas où dans les immeubles d’en face ça épie le voile de lin écru qui gonfle et s’élève comme une robe d’été tombée Continuer la lectureNuits en friches