#été2023 #10bis | remontrances de l’aïeule

On me ressuscite alors que je n’avais rien demandé. On m’imagine petite fille apeurée. On me croit jeune fiancée sentimentale. Mais qu’est-ce qu’on en sait ? Et de quoi on se mêle ? On ne m’a pas connue et c’est tant mieux, je ne veux pas qu’on me connaisse, je veux qu’on me laisse reposer en paix après le travail de toute Continuer la lecture#été2023 #10bis | remontrances de l’aïeule

#été2023 #11 | Avant de parler de Jo

Ils partent de cette aire d’autoroute située un peu avant Turin, et ils arrivent chez eux pile poil à l’heure pour l’arrivée des petits-enfants. On ne parle plus de la mallette remplie de pognon. On ne parle plus des pensées de Jo durant la route, ni de celles de Doris. On aurait pu, à ce propos, noircir encore pas mal Continuer la lecture#été2023 #11 | Avant de parler de Jo

#été2023 #10bis | Confessions croisées

« Dans sa table de nuit, elle a caché une lettre dont elle seule connaît le contenu. soupire encore. » Marie s’ennuie de plus en plus, entre deux oublis. Pourquoi tout ce temps perdu ? Le café n’a plus de goût ni de couleur, les pâtisseries sont fades et répétitives comme son reste d’existence. Elle ne souhaite rien de plus que s’effacer Continuer la lecture#été2023 #10bis | Confessions croisées

#été2023 #10 | Séraphine travaille

Séraphine travaille. Elle n’a pas que ça à faire, aller à la grotte. Elle se lève tôt. Elle aide à la cuisine. Elle aide à l’écurie. Elle travaille et elle prie. Elle récite le Je vous salue à genou. Elle va vers la croix à la croisée des chemins juste au-dessus de la forêt. Elle prie pour Florida. Elle la Continuer la lecture#été2023 #10 | Séraphine travaille

#été2023 #05 | en cours

Une femme entre dans un café, un de ces nombreux cafés que l’on croise dans cette avenue, étroits, allongés, un escalier en colimaçon au fond de la salle, à droite du comptoir, permet d’accéder à un étage encore plus étroit, le passage est difficile et on s’aide de ses mains pour grimper, l’air à l’étage est rare – on suffoque Continuer la lecture#été2023 #05 | en cours

#été2023 #10bis | Celle qu’on raconte

Je ne suis pas celle qu’on raconte, elle dit. Celle qu’on s’amuse à décrire. Je ne suis pas quelqu’un de risible et de pitoyable. Je ne suis pas cette femme-là, elle dit. Elle dit encore, on dirait que ça plaît de faire de moi un personnage naïf, toujours à côté de la plaque. Mais ça, elle dit, c’est une image, Continuer la lecture#été2023 #10bis | Celle qu’on raconte

#été2023 #09 | la maison rouge

Cheveux d’enfants emmêlés de mer de sable de soleil. Peaux rougies. Il faut rentrer. Il est tard. On rassemble seaux pelles râteaux serviettes empesées de sel pliants de plage. Démarche prudente de l’arrière-grand-mère sur la plage empêtrée de galets goémon trous dans le sable. La grand-mère lui tient la main ; la grand-tante veille à côté tout en jetant un œil Continuer la lecture#été2023 #09 | la maison rouge

#été2023 #10 | Les absences remarquées

Faut-il aller ? Faut-il laisser aller les phrases, ahaner en dehors de ces présences obsédantes ? On n’a pas le goût de les retenir plus que nécessaire. C’est une question de bonne mesure. Les personnages n’ont rien demandé, sauf deux,dont celle qui écrit. On peut toujours essayer d’anonymiser une histoire familiale, les protagonistes inscrits à l’état-civil ne disparaissent jamais. La Continuer la lecture#été2023 #10 | Les absences remarquées

#été2023 #04bis | Dans la nuit du samedi au dimanche

Dans la nuit de samedi à dimanche… c’est arrivé en pleine nuit, en tous cas, on ne l’a retrouvée qu’au petit matin, son corps étendu, son petit orteil relié à une crosse de fusil par un fil, la rosée l’avait recouvert, elle portait une robe blanche, de maison, humide par endroits, on aurait pu croire qu’elle dormait, ou qu’elle se Continuer la lecture#été2023 #04bis | Dans la nuit du samedi au dimanche