# été 2023 # 10 bis Moi, l’autoroute du soleil

Carol est morte avant que soit terminé le livre à 36 ans, Julio deux ans plus tard à 72 ans, mais je n’y suis pour rien. Ce n’est pas moi, ce n’est pas un accident, ils n’étaient pas des personnages de fiction sinon je les aurais sauvés. Je les garde dans mon cœur Carol et Julio. Personne ne m’a plus Continuer la lecture# été 2023 # 10 bis Moi, l’autoroute du soleil

#été 2023 #09bis | Pehuén

Je m’en souviens comme si c’était hier. Ma grand-mère avait tendu son bras et d’un doigt strident, t’avait désigné à moi. Ce sera lui, ton guide, ton ancre. Et quand ma grand-mère affirmait quelque chose, rares étaient ceux qui osaient la contredire. Ainsi en avait-elle convenu: c’était toi et c’était moi. Elle m’avait reconnu à moi aussi, plusieurs années auparavant Continuer la lecture#été 2023 #09bis | Pehuén

#été2023 #10bis | dénégation

On m’appelle le dibbouk mais ce n’est pas exact. C’est une facilité. Une paresse. En vérité j’ai reçu un nom. On l’ignore. On ignore tellement de choses. Ce qui n’empêche pas de supposer. Moins on en sait plus on suppose. Comme le dit Gédéon «on est un con» . On a bien le droit de dire ce que l’on pense Continuer la lecture#été2023 #10bis | dénégation

#été2023 #10 | cahier clairefontaine

J’écris comme Paul sur des cahiers d’écoliers. Nous nous étions amusés de cette habitude commune et j’avais dit que c’était la preuve que nous étions faits l’un pour l’autre. J’avais ri comme si c’était une plaisanterie, un conte pour enfant auquel, bien sûr, je ne croyais pas, et j’avais relevé la tête, redressé le buste comme pour faire plus grande Continuer la lecture#été2023 #10 | cahier clairefontaine

#été2023 #09bis | Arrêter le temps

Devant mon évier pour finir la vaisselle, mon gâteau au yaourt au four, je laisse l’eau couler sur mes mains. Ce n’est pas tant l’envie de pleurer, qu’une lourdeur dans la poitrine et dans la gorge qui me rend lente et comme absente, l’envie de revenir à des choses élémentaires, primaires, l’eau qui coule. C’est tout. Rester là parce qu’au Continuer la lecture#été2023 #09bis | Arrêter le temps

#été2023 #10bis | Elle dit (et c’est vrai)

Elle dit : Ma fille, je l’adore et elle m’adore. Elle dit : Elle s’est élevée toute seule, jamais un cri, elle ne pleurait jamais. Elle commence : Quand elle était petite. Puis elle s’arrête. Elle prend la feuille. Elle veut prendre ses lunettes, elle les cherche dans l’étui bleu (Elle pense : Je ne sais pas d’où il vient celui-là, je lui Continuer la lecture#été2023 #10bis | Elle dit (et c’est vrai)

#été2023 #10 | Un personnage en corps

Le soleil frappe fort. Le soleil est blanc, tout blanc. Le soleil est impérieux. Le soleil est plein. Le soleil n’autorise plus le retrait. Le soleil saisit tout et le ramène à lui. Le soleil a faim. La pièce est nue et lui aussi sur le lit, il est nu ou presque juste un boxer qui ne sait pas très Continuer la lecture#été2023 #10 | Un personnage en corps

#été2023 #09 et 9bis I Sources dérivées.

Marie naît à Perlé, elle y effectue ses premiers pas, souffre ses premières dents, dit ses premiers mots (Mamm, Papp, gär hunn…), esquisse ses premières écorchures aux genoux et griffes au visage, y tresse ses premières nattes, porte les pots à lait, le lard, les œufs. Des bases nutritionnelles. Très tôt, couteau dans la poche. Elle apprend hors des livres Continuer la lecture#été2023 #09 et 9bis I Sources dérivées.

#été2023 #10 I soleil noir.

Marie se réveille d’un œil puis de l’autre. Il n’est plus d’heure à présent, juste un décompte imprécis. Elle baille, rit à l’idée de son visage grimaçant, routine du clown triste, et parcourt du regard cette chambre sans annexe ; mis à part une toilette-douche à la luminosité blafarde, qu’elle ne peut quasi plus atteindre seule. Les usages d’avant perdus, Continuer la lecture#été2023 #10 I soleil noir.