#L4 – Les absents. reprendre préciser

Les porter. Comme porter ses morts. En soi ( juste repliés dans l’oubli ) et parfois ils chuchotent, repassent en songe ces livres. Comme des morts. À cette différence qu’ils peuvent revivre indéfiniment sous le regard: ces livres… Sophie, Copperfield, Vendredi, Karenine, Muichkine, Macha, Juliette, Marguerite, Meaulne, Eden, Ismael, Queequeg, Lola Valéry Stein, Aline, Lenz, Karl… me souvenir que je vous ai suivis jusqu’au bout de la nuit. Et aujourd’hui souvent je m’endors sur les pages.

Contes et légendes du monde entier dans la collection blanche et or (pléiade de l’enfance) : le merveilleux, la fable, les métamorphoses.

La Bible  pas si sainte cette histoire pleine de fureur : Noé, Jonas, la mer qui s’ouvre en deux, la litanie des noms : pleins de trucs à dormir debout.

La reine des neiges : depuis, la passion  a quelque chose à voir avec le gel, la brûlure froide…

Tristan et YseultPalais de glace Vesaas – Pelléas et Mélisande Maeterlinck, La poésie de Trakl – La petite lumière Moresco et des Quignard en bouts – Le chasseur Gracchus…: de contes, de fable, d’odyssées  (où les animaux parlent, où la mort s’incarne, où l’on se perd et se retrouve aux labyrinthes des forêts, des mers, des villes sans nom) . Où les questions demeurent. Où sourd une inquiétude

Aline  Ramuz: (et Un coeur simple Flaubert, Woyzeck Buchner): tragédies minuscule…. Trajectoire d’une toute petite vie sans bruit ni fureur. Visuel et musical. Avec une robe en poussière rose. et toujours des personnages qui marchent avec Lenz de Büchner

Les nouvelles de Carver : Le paon de Carver : le plus ordinaire qui vacille par grossissement, ellipse

Bartleby Melville, (Avec le terrier de Kafka, avec Préparatifs de noces à la campagne) : livre qui te fout par terre (ça veut rien dire) qui te met la tête à l’envers ( ça veut rien dire) qui a toujours quelque chose à te dire, que tu entends sûrement de travers ou que tu ne sais jamais qu’entendre de travers pour y retourner …

Le bruit et la fureur Faulkner. Ce début auquel tu ne comprends rien (Benjy). Pour avancer et revenur sur ses pas. Pour les voix singulière pour leurs langues  (Lumière d’août, Tandis que j’agonise, Les palmiers sauvages) et
Beloved de Tony Morison

Thomas Bernhard Le naufragé, Maitres anciens, le neveu de WittgensteinRessassement. Irritation. Ironie… (Et Beckett, tu le ranges où Beckett? )

L’homme assis dans le couloir, Hiroshima mon amour Duras — pourquoi citer ceux-là et pas tous les autres— Pour le conditionnel et l’adresse pour les emphases  et la sidération des blancs …

Poteaux d’angle Michaux. Les Présocratiques  (Héraclite d’Éphèse) Haïku/ :  Pour  les phrases flèches, éclairs. Météorites. Pour les  formes brèves les aphorismes

Ciels Kaplan : pour le ciel dans les trous

14 Echenoz : pour la guerre en pas plus grand qu’un caillou

ET la poésie toujours Pierre Reverdy, Claude Esteban, Sylvia Plath, Emilie Dickinson,  Henri Michaux…

Pour le merveilleux et la fable, les métamorphoses. Pour la litanie des noms, pour la brûlure froide. Pour les voix singulières d’où sourd une inquiétude. Pour leurs langues: au conditionnel en adresse. Pour un monde qui vacille par grossissement ou ellipse. Et toujours ils marchent ou tombent. Avec la sidération des blancs.  Pour le ciel dans les trous pas  plus grand qu’un caillou … ( prélude à #L5)

Contes et légendes du monde entier dans la collection blanche et or (pléiade de l’enfance) le merveilleux, la fable, les métamorphoses.
La Bible, pas si sainte cette histoire pleine de fureur, Noé, Jonas, la mer qui s’ouvre en deux, la litanie des noms : pleins de trucs à dormir debout.
La reine des neiges  Dans un grand album les deux amis, une fille, un garçon représentés assis jambes pendantes sur une planche posée entre les fenêtres de leurs chambres au-dessus de la rue. Le morceau de miroir cassé par le diable il n’est pas dessiné; l’éclat de verre qui saute dans l’œil du garçon  passe dans ton cœur avec les mots. Avec les mots tu pars à la recherche du garçon. Par eux tu deviens Gerda ou sa quête à en perdre le sommeil. Depuis, la passion  a quelque chose à voir avec le gel, la brûlure froide…
Sans doute à cause des livres d’enfance de contes, d’odyssées  où les animaux parlent, où la mort s’incarne, où l’on se perd et se retrouve aux labyrinthes des forêts, des mers, des villes sans nom:
Tristan et Yseult (Tristan saute pardessus la farine pour ne pas laisser trace en rejoignant Yseult il ne voit pas que sa blessure s’est rouverte et que le sang goûte sur le sol)
Palais de glace Vesaas – Pelléas et Mélisande Maeterlinck, La poésie de Trakl – La petite lumière Moresco et plein de Quignard en bouts – Le chasseur GracchusAline. Lui Ramuz je l’ai beaucoup aimé. C’est arrivé par l’histoire du soldat. C’est très visuel et musical Ramuz me touche comme me touche la poésie de Reverdy.  Aline c’est le premier roman qu’il écrit c’est une toute petite vie qui se brise… (une  paire de boucles d’oreille, un enfant qu’on étouffe,  un corps pendu à une branche, une tombe comme un jardin, une noce) . Trajectoire  implacable sans trop de bruit ni fureur. Avec une robe en poussière rose. Les coeurs ( pas si ) simples: aliénés, malmenés, folles et fous( dit-on). Woyzeck et Lenz de Buchner. Un cœur simple Flaubert…. Lambeaux Juliet – le journal de Nijinski – En bas léonora Carrigton – l’homme jasmin Unica zurn

Le paon de Carver (avec toutes les autres nouvelles et les poèmes) le le plus apparemment ordinaire qui vacille par les grossissements, les ellipses ou l’enchainement des évènements.

Des récits qui sont des livres qui sont des récits qui sont :  Si c’est un homme Primo Levi , Aucun de nous ne reviendra Charlotte Delbo, Le lambeau Philipe Lançon, l’enfant éternel Philippe Forest. Ellis Island Perec

Bartleby Melville un livre qui te fout par terre (ça veut rien dire) qui te met la tête à l’envers ( ça veut rien dire) qui a toujours quelque chose à te dire, que tu entends sûrement de travers ou que tu ne sais pas entendre et tu y retournes… Avec le terrier de Kafka, avec Préparatifs de noces à la campagne. Avec Traces de Bloch

L’amérique : La vraie fausse de Kafka ou la liberté brandit un glaive, avec son Grand théâtre d’Oklaoma plein d’anges perchés.
Celle de Faulkner : Le bruit et la fureur. Ce début auquel tu ne comprends rien (Benjy) qui t’emporte pourtant et tu avances et tu reviens sur tes pas. Leurs voix en dedans.  (Lumière d’août, Tandis que j’agonise, Les palmiers sauvages)
Beloved de Tony Morison

Thomas Bernhard Le naufragé, Maitres anciens, le neveu de Wittgenstein… le ressassement, l’irritation, l’ironie…
Et Beckett, tu le ranges où Beckett?

Et ceux qui font trembler tête et corps (un peu autrement):  L’amant de lady Chatterley et Femmes amoureuse  lus en douce vers quatorze ans. Duras l’homme assis dans le couloir, Hiroshima mon amour — pourquoi citer ceux-là et pas tous les autres— avec le conditionnel et l’adresse …

Poteaux d’angle Michaux. Les Présocratiques  (Héraclite d’Éphèse) Haïku. Les phrases flèches, éclairs. Météorites. Goût pour les  formes brèves les aphorismes. Qu’on peut faire entrer dans une toute petite poche emmener partout et qui durent très longtemps

ET la poésie toujours Pierre Reverdy, Claude Esteban, Sylvia Plath, Emilie Dickinson,  Henri Michaux…

Longtemps tu te couchas avant l’heure. Que tu eus deux trous rouges au côté droits ne dérangea  en rien les fleurs  car ta chair, Oh très chère, avait lu tous les livres
Livre que tu devrais avoir lu et chaque fois tu recommences – Proust : trois fois I et II ou bien ouvert au hasard et lu par séries de quatre pages.
Pages relues et parfois apprises par cœur pour…: Le monologue de Marion dans la mort de Danton de Buchner  ou le conte de la grand- mère dans Woyzeck, Requiem pour une amie de Rilke,  Fugue de la mort de Celan, les poèmes en prose de Baudelaire, Sur le chemin de la mort Michaux…
Livres dans lesquels tu es entrée et dont tu es ressortie jamais par la même porte :  Marcel Cohen presque tout dans le désordre.  Journal de Kafka.
Livres lu d’un bout à l’autre,  et vite, comme tu regardes un film : Le guerrier solitaire Kafka sur le rivage Un amour impossible D’autres vies que la mienne Réparer les vivants…

A propos de Nathalie Holt

Rêve de peinture. Pose et dessine à la Grande Chaumière. Entre aux beaux arts avec un dossier fait la nuit. Rôde à la Sorbonne : trois ans de philosophie. 1981 premier décor de théâtre. Se prend au jeu. S'appuie sur la mémoire des studios et plateaux de l'enfance. Vue rétrospective et oblique. Enfant de la balle. Apprend son métier sur le tas. Ne peint plus que des maquettes ou des murs plus hauts qu'elle. 30 ans de théâtre. Se promène avec un appareil photo, argentique puis numérique, tout en manuel, sans technique.

5 commentaires à propos de “#L4 – Les absents. reprendre préciser”

  1. “Livres dans lesquels tu es entrée et dont tu es ressortie jamais par la même porte” ! C’est la plus belle définition de bouleversement que j’ai lue. Merci pour ce partage et aussi cette revisitation des lectures d’enfance où je me revois tellement.

  2. Aaah ces fulgurances Nathalie, vécues chacune comme la flèche de formules courtes que vous parvenez si bien à livrer ici, et le Woyzeck leitmotiv de la vie sans bruit ni fureur… en vous lisant m’est venue l’image d’une immense hélice mécanique d’éolienne posée comme pliée sur la scène d’un théâtre, poursuivant ses tours lentement lors du déroulé de votre scène à 10 voix

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