#livre #03 | bien plus qu’une accumulation d’allées et d’étagères

Les bibliothèques – celle de Tournai, celle de Kain, celle de Lille. Le Fûret du Nord, Lille. La bouquinerie de seconde main, La Bourse aux Livres, Tournai, trois fois déplacée, des souvenirs dans chacun de ces espaces, rituel familial, c’était comme aller à la mer, presque. Quelques brocantes.

Des bibliothèques, des librairies et des brocantes pour errer, nourrir la curiosité, être surpris ou bousculé par un auteur, une photographie, une langue, une connaissance.

Des bibliothèques, des librairies et des brocantes pour rencontrer des personnages, les apprécier, les détester, faire s’entrechoquer des mondes, des classes sociales, des communautés, chercher à comprendre, à apprendre ou à désapprendre, à comparer, et toi, dans cette situation, comment tu réagis, comment tu te comportes ?, réfléchir, s’indigner, valider, compatir, se lever et agir.

Des bibliothèques, des librairies et des brocantes pour exister, soi et les autres, échanger un sourire, un avis, une familiarité avec un inconnu, sourire, s’inquiéter, combler des vides, grandir, rassembler.

Des bibliothèques, des librairies et des brocantes pour les bruits : les voix, les doigts qui glissent sur les pages des livres, les journaux secoués, bruit de ce qui tombe sur la moquette, un trousseau de clés, un sac plastique, une canne.

Des bibliothèques, des librairies et des brocantes à l’écart de la lumière du jour, ou presque, parfois faiblement éclairées, juste assez pour déchiffrer les mots, les lignes, s’y fondre, que plus rien n’existe autour, un instant, des heures.

Des bibliothèques, des librairies et des brocantes comme une respiration, une fenêtre entrouverte, une main à tendre, à saisir, une danse où chaque pas s’invente au fil de la musique, du vent, du silence.

Des bibliothèques, des librairies et des brocantes pour ensuite perdre, gagner, faire vaciller, calfeutrer le temps dans une salle d’attente, un train, un parc, un lit.

Des bibliothèques, des librairies et des brocantes… avez-vous remarqué qu’elles sont toutes au féminin ?

3 commentaires à propos de “#livre #03 | bien plus qu’une accumulation d’allées et d’étagères”

  1. « comme aller à la mer », tellement vrai — il faudrait parler de la plage ou de l’estran, de ces espaces ouverts à l’extrême et cependant tellement intimes, ou chacun se sent en mesure de trouver la juste distance, où l’on se sent à sa place, sans avoir à se la faire — où le sable, la laisse de mer aussi, comme le ciel, s’offrent à la lecture

  2. cette ouverture que procure l’horizon marin
    alors ta comparaison est si juste (comme le souligne Christophe ici) : entrer dans librairie comme on va à la mer.
    dans mon pays on parle de « descendre à la mer » parce que la plateforme de schistes et micaschistes domine l’océan et tout ruisselle vers lui….
    j’ai aimé la répétition de ces espaces au « féminin »…
    et si contente de te retrouver là, chère Annick

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