Elles sont étranges les librairies de ma petite ville. Elles sont étranges, il semblerait qu’elles ne veulent pas être des libraires. Comme si elles étaient venu comme ci, ou comme ça. En réalité, il n’y en a vraiment qu’une seule et, la fréquenter est un mot. Les autres ne sont pas de véritables librairies, ce sont des papeteries avec des livres casés entre des gommes et des papiers rose bonbon. Ils ne sont pas mauvais les livres mais placés dans la continuité de ce qu’il y a à acheter. Ah oui, un livre, pourquoi pas ? Ce sont des livres-cadeaux, des livres-Noël, des livres-anniversaires. Ce sont des livres du hasard mais parfois, le hasard, c’est bien aussi. Et il y a une librairie, petite mais présente depuis des années et que tout le monde connait. Mais nulle déambulation, nulle envie d’y flâner, nulle envie de feuilleter l’objet. Elle n’est pas grande certes, mais il y a un quelque chose qui empêche. Un quelque chose que je ne saurai vraiment définir. Tout le monde est gentil, discret, trop peut-être. Les coups de coeur sont en évidence. Pas de surprise, tout est connu. Il n’y a pas vraiment d’échanges mais pas l’once d’une méchanceté non plus. C’est étrange. Comme si les gens étaient l’intermédiaire entre le livre et la caisse. C’est étrange. Mais heureusement, il y un site internet. L’on peut y flâner, y commander, s’y tromper et recommencer. Heureusement ! Sinon, il faudrait choisir entre le stylo qui sent bon et le dernier best-seller. Sinon, il faudrait amazoner. Non, le site est là et les échanges par mail sont rapides et chaleureux. Par mail. Mais pas dans le lieu. Comme si on dérangeait même si on ne dérange pas mais comme si…
» Comme si les gens étaient l’intermédiaire entre le livre et la caisse. C’est étrange » et comme si c’était peut-être ça… merci Clarence
Merci Raymonde à bientôt.
ça marche bien, cette technique d’approcher par le négatif qui finalement donne à voir ce qu’on souhaiterait d’un lieu pour éveiller le désir de livres
et belle trouvaille que ton verbe « amazoner » !
sourire à toi, chère Clarence
Merci chère Françoise, bonne journée à toi.
Ah il est superbe ce texte, il retranscrit tellement bien ce qu’on ressent dans certaines librairies en quelques images. Les livres-cadeaux, achetés au hasard des rubans rouges, comme les bouteilles de vin élus « vin de l’année » dans les grandes surfaces !
Merci pour votre regard. Je vais aller découvrir vos textes, à bientôt.