#rectoverso #04 | Sous le Bois de Bergeolle

8 ans, à bord d’une Renault 6 de couleur bleu clair qui circule tranquillement sur une route goudronnée. J’ai le front collé à la vitre et je trompe mon ennui en observant les alentours. Sur le bas-côté gauche, se trouve un arbre isolé dont j’ai oublié l’essence et juste en face de lui, un porche massif en pierres de taille Continuer la lecture#rectoverso #04 | Sous le Bois de Bergeolle

Ô jardin / #rectoverso #04

Emprise : il a collé aux mains très tôt suite au contact avec la terre, par cette obligation ressentie de cracher dans les mains pour éviter cet agacement insupportable de la terre qui sèche au creux des mains et dont on ne peut se décoller. Les maladies de l’enfance se sont toutes faites là, c’était le seul endroit crédible de guérison. Continuer la lectureÔ jardin / #rectoverso #04

#rectoverso #03 | oui mais non

Recto Il y a le vent du nord qui renverse le parasol malgré les dalles de béton. Il y les plans de tomates qui souffrent du sec mais poussent malgré tout. Il y a le scooter orange du paysan qui s’en va, laissant sur l’herbe le tracteur vert la porte ouverte et la citerne vide. Il y a des verres Continuer la lecture#rectoverso #03 | oui mais non

# rectoverso #4 | Béatitudes

La route déserte s’étend à perte de vue, avec des montagnes au loin. Un homme, la quarantaine, disons, se tient appuyé contre une voiture arrêtée sur le bas-côté. Jean, chemise à carreaux ouverte sur un t-shirt blanc, une bière à la main. Mais si tu veux mon avis, il était pas comme ça, en vrai.— Qui ça ?— Moriarty.— Hein ?— Tu me demandes, je Continuer la lecture# rectoverso #4 | Béatitudes

# rectoverso #04| le passé présent

Une épeire. Du grec epi, au-dessus et eiro, fil ou tissage. Avec des toiles classiques verticales, en spirale, avec rayonnement. L’araignée géante de Tintin dans l’Étoile mystérieuse. Ainsi peut être vue cette maison. Maison de famille où j’ai passé toutes mes vacances d’enfance, de jeunesse et dont la charge me revient désormais. Je suis prise dans sa toile depuis tant Continuer la lecture# rectoverso #04| le passé présent

rectoverso #04 | le livre et la prison

«La première chose à observer» quand elle arrive à l’hôtel, c’est le livre que lui a laissé Pedro. Où est-il Pedro? Est-il encore en vie? Elle savait qu’il aimait les livres, qu’il lisait de la poésie. Elle connaissait, et était fascinée par sa collection d’ouvrages révolutionnaires en français, en espagnol, en anglais, en allemand (et même quelques vieux exemplaires de Continuer la lecturerectoverso #04 | le livre et la prison

#rectoverso #04 | Ce qui n’est pas sur la photo

Tes pieds se recroquevillent, rougissent à en perdre leur peau, gelés, frigorifiés, dans une botte de froid qui monte et qui descend, hésite sur ton mollet, entre cheville et genou à chacune de ses vagues. Quand l’eau repart, tu vois presque tes pieds, mais joliment marbrés, ondulés, déformés, tu as tes pieds de mer et puis tes pieds de terre, Continuer la lecture#rectoverso #04 | Ce qui n’est pas sur la photo

#rectoverso #03 | le ferry du lendemain

RECTO Il y a le vent dans tes cheveux, sauvage et parfumé. J’aime me souvenir de cet instant. Il y a cette côte dessinée à l’encre de Chine, puis aquarellée. Carte trouvée dans une brocante un matin, sur le port. Il y a ce cri dans la nuit, glaçant. Il y a cet horizon imprenable. Chaque jour, il défie ma Continuer la lecture#rectoverso #03 | le ferry du lendemain

#rectoverso #02 | ombre solitaire

RECTO à ce stade de la nuit, plus rien n’existe. Les réverbères municipaux se sont éteints et la nuit glisse sur la ville jusqu’à engloutir la moindre lumière résistante. Je retiens mon souffle. Peu à peu, mes yeux s’habituent à l’obscurité. De la fenêtre de la chambre, j’aperçois un chat ramper le long du mur d’en face. Ombre solitaire sans Continuer la lecture#rectoverso #02 | ombre solitaire