#anthologie #prologue | j’ai respiré

J’ai respiré, les poumons se sont défroissés, distendus, dans tous les plis, dans toutes les nervures l’air est rentré, le souffle nouveau à plein s’est suspendu, s’est retiré en prenant le chemin inverse aussi loin qu’il pouvait me quitter, les laissant en attente du battement initié. J’ai inspiré, j’ai expiré.J’ai crié. ils attendaient ce cri. J’ai oublié que je respirais. Continuer la lecture#anthologie #prologue | j’ai respiré

#anthologie #01 | Choix

« Vivre en région parisienne est un choix de carrière, vivre ici est un choix de vie » Se souvenir de cette phrase pendant chaque trajet maison-travail-maison. N’avoir retenu que ces mots du discours, asséné par notre haut responsable face à l’assemblée de ses employés locaux réunis ce jour-là. Avoir, comme tous les autres, compris la signification de la réponse à la Continuer la lecture#anthologie #01 | Choix

#anthologie #02 | l’été

21 juin 9h22, le rayon de soleil taperait pile dans l’oeil miroité du cheval de l’estampe de Leticia Tarrago. qui le renverrait sur la bouilloire dorée d’où il irait réchauffer le bout de la queue du chat de Pierre de Berroeta qui remuerait et déclencherait L’été l’été de Fontaine et Areski pendant qu’il se léverait d’une nuit doucement rêveuse. Eh Continuer la lecture#anthologie #02 | l’été

#anthologie #02 | Une chambre à moi

Un jour de juin, temps maussade, lumière  fumeuse du petit matin. Il pleut. J avale un café. J’ ai lu la proposition avant de me coucher. Je prends mon  samsung. Mode vidéo. J y vais . je film. J’ouvre la porte. Elle  gonfle la nuit. Le matin , elle gueule : –  Je craque … elle me dit. – Ouvre-toi , laisse-moi Continuer la lecture#anthologie #02 | Une chambre à moi

#anthologie #02 | De la cuisine

Il serait devant la fenêtre de la cuisine, il donnerait dos à la pièce, sa haute stature comblerait presque l’entièreté de la fenêtre laissant libre un bout de toit de l’immeuble d’en face et un bout de ciel. Le reste de la cuisine comme une poche géante s’étalerait derrière lui. Tout près de lui à sa droite, la machine à Continuer la lecture#anthologie #02 | De la cuisine

#anthologie #01 | chambres: 11H17 à 08H18

Avancer à rebours, faire l’inventaire, ramener à la mémoire. Choisir. Frapper. Attendre. Tourner la poignée entrouvrir : s’excuser. Aller à l’autre porte : « ne pas déranger ». Passer. Avancer. Frappant se demander: ouvrir. Ouvrir avec sa clé. Entrer. Balayer du regard : lit recouvert, rideaux tirés, plateau sous la fenêtre ; il y a ou il n’y a pas plateau, ils prennent Continuer la lecture#anthologie #01 | chambres: 11H17 à 08H18

#anthologie #01 | infinitifs, Beinstingel

Dire porte c’est dire ouvrir la fermer pousser tirer repousser tenir entrebâiller mettre le pied dans et tant d’autres façons d’utiliser la porte alors que ce qu’on veut c’est entrer dans l’immeuble deux étages qui campe sur le boulevard. Idem pour l’escalier, monter descendre sauter à cloche pied dans, et la rampe, tenir glisser sur s’accrocher à, et la porte Continuer la lecture#anthologie #01 | infinitifs, Beinstingel

#nouvelles | CMT Boucle 3 Edouard Martel

Midi, les véhicules passaient, stoppaient au feu rouge. Le Cours était large, trois files de voitures, de camions, de bus, que le feu allongeait et rétrécissait à sa manière, un roulis même à l’arrêt. Les gens de la maison jaune se faisaient plus bruyants, mais ce n’était pas encore l’été, où tous vivraient fenêtres grandes ouvertes. Non, c’était le printemps Continuer la lecture#nouvelles | CMT Boucle 3 Edouard Martel

#anthologie#01 | Visite

Ouverture automatique de la porte. Entrer sans s’arrêter sans ralentir. Passer devant la table-guéridon sur laquelle sont posés du gel désinfectant pour les mains, un cahier de doléances ouvert, un stylo attaché par une petite ficelle. Décider de ne rien écrire et de ne pas se désinfecter les mains. Deux pas jusqu’au comptoir. Un comptoir comme un comptoir de bar. Continuer la lecture#anthologie#01 | Visite

#anthologie 02 | Le Métamicien

Une porte de garage des années 1970/80, à peine repeinte, à moitié ouverte, des toiles pendues et/ou suspendues aux murs via des panneaux de bois d’essence de bouleau extra-fin, à moins que ce ne soit des peaux d’essence de Boileau extra-épaisses tant la teinte est chair claire. Les couleurs vives et acryliques des toiles tranchent avec le gris des murs Continuer la lecture#anthologie 02 | Le Métamicien