#photofictions #05 | il y a quelques années

il y a quelques années le collectif Stalker né de l’Université et conduit par l’architecte Francesco C. avait traversé notre territoire et nous avait aussi emmenés sur les

bords/au milieu de la wasteland par endroits franchement tourbeuse ou bien plus sèche elle serpentait si bien à la façon d’un ruban aquatique ou d’espaces vides profonds composés de terrains vagues de voies ferrées ou d’autres étendues encore non cartographiées circulant entre des surfaces solides pleines des points fermes regroupés où selon lui des édifices abandonnés tels que vieux palaces ou palais historiques pouvaient /devaient toujours plus accueillir  des populations  démunies Il se serait aussi agi pour le collectif dans une réciprocité de construire selon les rencontres des habitations-chantiers au cœur de la wasteland,  de laisser se dérouler ce serpentin d’eau bleu roi en suspension sur un sol tangible qui aurait porté à grande échelle  60 ans plus tôt les fondements visionnaires d’une terre nomade possible ? (soit l’idéal nous avait-il expliqué de l’artiste hollandais Constant Nieuwenhuys) et fluctuante d’individus d’identités et de langues se dessinant à l’horizontale d’une vaste dimension surélevée de corridor mouvant élargi sans frontière ni barrière Souvent le collectif était accompagné d’étudiants d’ingénieurs et de gens qui filmaient debout ou couchés au ras d’une terre désordonnée primitive s’étendant bien vite dans notre imagination à la capitale toute entière tant celle-ci (notre imagination) ayant été sollicitée par les évocations de Francesco C. – celles d’une réalité lointaine remontant  au retour des papes nomades d’Avignon dans une Rome déserte – nous mettait au centre d’un scénario de pionniers en terrain vierge encouragés que nous étions par certains déploiements concrets de constructions neuves qui se seraient hélas pour certaines d’entre elles rapidement évaporées voire  dans certains cas et au sens propre incendiées  en même temps que certaines silhouettes familières discrètes et vagabondes auraient pu elles glisser soudainement et  bruyamment dans le néant

A propos de sandrine cuzzucoli

Aime le temps suspendu en contemplant, lisant, dessinant, parlant, regardant le plafond, les visages, peintures, ciels.. Dans mes études passées mais encore présentes!: la littérature américaine, italienne, les beaux-arts, la traduction et d'autres choses depuis... Ecris en revue depuis environ 5 ans, dessine depuis plus, c'est un aller-retour constant un peu comme un Appel de la Forêt, le titre d' un des premiers livres de Jack London- que j'ai aimé!

Laisser un commentaire