Sous la surface, il pleure.

C’est seulement quand tu dériveras dans le calme sombre des grands fonds qu’il nagera mollement vers toi. Avec son grand œil jaune, tu le verras arriver de loin, le gros poisson des noyés. Il vient pour les gober. Pas un qui lui échappe. C’est pour ça qu’il est si gros, si lent ; lourd de toutes ces vies qu’il écope et charrie. Elle dit ça la vieille sirène, une nuit, dans un bar du port de Valparaiso. Avec toutes ces tristesses qu’il trimballe, il pleure beaucoup le gros œil du poisson des noyés. C’est pour ça qu’il est si salé l’Océan ?

A propos de Jérôme Cé

Se définit d'abord comme lecteur. Cherche sa voix en écriture avec les cycles du Tiers-Livre depuis pas mal de temps. Un peu trop peut-être mais le bougre s'acharne. https://boutstierslivre.wordpress.com/

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