Le double voyage | traversée, exils

Tu avais reçu le signal du départ en fin de matinée à l’Antico caffè San Marco de Trieste – plus tard le Réseau dirait que c’était sous une arcade de la Piazza Guglielmo Oberdan que tu avais été contacté Continuer la lectureLe double voyage | traversée, exils

#photofictions #05 | les rushes Bái-Hǔ, official cut

Les rushes Bái-Hǔ, c’est-à-dire tout ce que j’ai coupé en pensant que ça ne passerait pas auprès des autorités de K. De l’autocensure, en quelque sorte. J’avais conçu mon film comme une ballade au sens musical du terme, où je voulais faire émerger quelques interrogations, une autre façon de regarder le Bas-Relief. Mais j’ai vite compris que je n’aurais pas le dernier mot, le final cut. Continuer la lecture#photofictions #05 | les rushes Bái-Hǔ, official cut

#40jours #30 | et si tu glisses dans l’eau

Apprends à lire ton corps quand il se faufile entre les verticales de la ville, quand il hante les rues à l’est de Long Mercy Camp un pas devant l’autre machinalement, ou s’il hésite sur des pavés inégaux, apprends à lire les vibrations qui le traversent quand il arpente Salisbury Road, quand il longe les quais et suit des lignes Continuer la lecture#40jours #30 | et si tu glisses dans l’eau

#40jours #31 | le Grand Homme et le tigre blanc

Noir sur Blanc. Ciel d’orage, lumière crue, ombres denses. Ouvriers en salopettes de cérémonie. Brosses en main. Chassent les poussières d’acier du bas-relief. Lustrent nez, bouches et cheveux de métal. Sur une échelle, l’un d’eux se hisse vers la figure du Grand Homme. La frotte d’un chiffon. Un autre muni d’un long balai éponge nettoie le filigrane du Tigre Blanc. Bande-son Continuer la lecture#40jours #31 | le Grand Homme et le tigre blanc

#40jours #27 | Qui L. ?

Pourquoi tu ne réponds pas ? Où est-ce que tu l’as connue ? Au village ? Quelle était votre relation, exactement ? Est-ce que j’ai vraiment envie de savoir ? T’as fini de sourire comme une demeurée ? Pourquoi tu nous fais ça, à nous ? Après tout ce qu’on a fait pour toi, tu t’en souviens ? Tu t’en souviens ? Et Continuer la lecture#40jours #27 | Qui L. ?

#40jours #22 | devant l’Infinie Clémence

Nos saisons avaient des noms. Il y avait le Bœuf Suant, les Tortues Sèches, la Saison des prédictions… tant d’autres encore. Leur durée et leur fréquence étaient aléatoires. Certaines revenaient régulièrement, d’autres disparaissaient comme des étoiles filantes. Parfois au bout de quelques jours, la saison en cours était interrompue et on passait à la suivante. Qui décidait ? Les Autorités, Continuer la lecture#40jours #22 | devant l’Infinie Clémence

#40 jours #21bis | K arraché

« Il était tard lorsque K. arriva. Une neige épaisse couvrait le village. » Tu lis ça, sur la page arrachée et poussée à tes pieds par le vent d’hiver. Tu pars pour le lycée, tu lis dans le bus, ça t’occupe le voyage et la tête. Y voir un signe le fait que tu sois le destinataire involontaire de cette page Continuer la lecture#40 jours #21bis | K arraché

#40jours #16 | à K. je n’écrivais pas

À K. je n’écrivais pas. Je marchais. La ville me happait, sa Skyline, sa Baie, ses ferrys, ses marchés, sa densité humaine, une des plus fortes au monde. Je photographiais la géométrie fabuleuse des gratte-ciels. Je n’écrivais pas. J’allais dans les îles, je traversais des marais grouillants de coassements et de reptations inquiétantes que masquaient d’énormes feuilles de taro. J’écoutais Continuer la lecture#40jours #16 | à K. je n’écrivais pas

#40jours #02 | je sais tout

***19h15*** le soleil couchant baigne la façade du K282, Mercy Street, personne aux balcons, il fait encore trop chaud, l’immeuble semble fermé sur lui-même, stores baissés, ça ne fait rien moi je vois tout même l’intérieur des appartements inoccupés où par moment de la poussière s’effondre aux angles des murs, comme au rez-de-chaussée où trois appartements sur cinq sont vides. Continuer la lecture#40jours #02 | je sais tout